• Supprimer la taxe professionnelle ? Une très mauvaise idée

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    A peine la dernière baisse d’impôts entérinée et sans attendre d’en connaître les effets sur la santé de nos finances, les libéraux, suivis par leurs dociles partenaires, en remettent une couche. Il s’agit cette fois de supprimer la taxe professionnelle qui serait, selon eux, un impôt absurde.

    Et pourtant, même s’il n’est pas parfait, cet impôt n’en reste pas moins assez bien ciblé par rapport à d’autres qui ne taxent que le travail ou la consommation.

    En 2009 à Carouge, près de 18 % des revenus de la commune provenaient de la taxe professionnelle. Entre 2008 et 2009 le revenu de cette taxe a augmenté de plus de 10 millions, soit de plus de 100% !  Comment expliquer cette augmentation si ce n’est par l’arrivée sur notre territoire de quelques très grandes entreprises connues pour dégager des bénéfices considérables qu’elles utilisent largement pour payer d’importants salaires et bonus à quelques « heureux élus ».

    Diminuer la taxe professionnelle, comme certains partis carougeois ne manqueront pas de le demander, reviendrait ainsi à faire un cadeau fiscal substantiel à deux ou trois très grosses entreprises et non pas aux PME et indépendants carougeois.

    Si l’on veut vraiment leur offrir un soutien, utilisons plutôt les revenus de cet impôt pour mener des politiques proactives telles que le financement de l’encadrement des apprentis ou le soutien à la formation des collaborateurs. Mais renoncer à ces prélèvements sous prétexte qu’une infime partie est payée par des PME est un non-sens total.

     

     

  • Le Conseil administratif de Carouge doit assumer

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    La réfection de la rue Jacques-Dalphin et ses alentours fait couler beaucoup d’encre. La pression des habitants irrités par la lenteur des travaux et par les choix questionnables en matière d’aménagements urbains met le Conseil administratif sous pression.

    Et au lieu d’assumer et de défendre ses choix, il utilise une fois de plus son arme favorite: faire porter le chapeau au Conseil municipal. C’est ainsi que Jean-Pierre Aebi nous apprend, à travers la TdG d’hier, que la Mairie aurait « parfaitement suivi les demandes du Municipal ».

    Pour être tout à fait clair, et même si le concept général de zones de rencontres en « facade à facade » a bien été voté par le Conseil municipal, la charte d’aménagement du Vieux-Carouge qui régit plus précisément les choix architecturaux, n’a été approuvée que par le Conseil administratif.

    Il ne faut pas être dupe. Si le Conseil administratif suivait les demandes du Conseil municipal, ça se saurait !! Et ça se verrait. On aurait par exemple depuis plusieurs années instauré le système de macarons à Carouge. Celui-ci a en effet fait l’objet de deux motions du Conseil municipal sans aucun résultat tangible. Et que dire du réseau vert qui, comme l’a relevé Isabel Jan-Hess dans son article d’hier, a été voté par le Conseil municipal il y a bientôt 10 ans et n’a toujours pas pointé le bout de son nez?

    Il faut maintenant que le Conseil administratif de la Ville de Carouge endosse ses responsabilités. Au même titre qu’il peut se prévaloir de projets réussis, il doit reconnaître ses échecs. C’est ainsi qu’en ce qui concerne le fiasco de la rue Jacques-Dalphin,  autant en termes de choix architecturaux que d'organisation ou de communication, il doit en assumer seul les conséquences. 

  • Les affaires financières se succèdent et se ressemblent

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    Une fois de plus, une affaire frauduleuse tenant en haleine nos voisins passe par Genève. Blanchiment et fraudes fiscales se succèdent avec un même fil rouge : elles passent toujours immanquablement par la Suisse. Notre pays se retrouve donc à nouveau entaché par les actions de nos institutions financières.

    Et pourtant, cela fait déjà quelques temps qu'on nous le promet : l'éthique sera au cœur de l'activité bancaire suisse. Rien ne sert de réguler le secteur, nos institutions financières, désormais, s'autodisciplinent. Le blanchiment n'existe plus et la fraude fiscale sera durement réprimée. Désormais les instructions officielles données par les banques à leurs gestionnaires sont claires: refuser l'argent en cas de doute sur la provenance ou sur une fraude fiscale. En aucun cas ils ne doivent recommander à leurs clients des procédés qui favoriseraient cette fraude.

    Et pourtant, dans la réalité, le pauvre gestionnaire qui, croyant bien faire, refuserait d'aider un riche client à maximiser son rendement grâce à l'évasion fiscale se verrait irrémédiablement rayé non seulement de la liste du personnel de la banque en question mais surtout de tout emploi futur dans ce secteur (Pour revoir son bureau, il pourra toujours postuler pour un job sous-traité de nettoyeur à 18.30 sfr de l'heure).

    Alors que faire ?

    Il faut d'urgence que l'Etat régule ce secteur pour que l'éthique ne soit plus seulement un vœu pieu mais accompagne toutes les transactions financières. Il faut entre autres prévoir des sanctions exemplaires  pour les institutions dont les gestionnaires favorisent l'évasion ou la fraude fiscale quel que soit le pays grugé. Car chaque franc dissimulé au fisc s'apparente à un vol à la collectivité. Cet acte devrait être puni au même titre que s'il s'agissait d'un vol dans un commerce.