• Viva la revolucion

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    Je dois dire que malgré le résultat sur l’initiative UDC du 9 février, je me suis passablement amusé cette semaine à suivre dans les médias les péripéties de nos auto-proclamés « révolutionnaires conservateurs » :

    En effet, c’est comme cela que Pascal Décaillet annonce en fanfare dans le GHI la «chute de la Maison libérale», en s’appuyant sur la «Révolution conservatrice qui ne fait que commencer».

    Mais c’était sans compter l’opportunisme du MCG et de ses députés qui viennent de faire sciemment capoter un important projet de réforme des zones de développement, privant ainsi pour longtemps encore la classe moyenne genevoise d’accès à la propriété ou à des logements à loyers accessibles… et ce au seul profit de spéculateurs sans scrupules.

    Avant même que la révolution ne démarre vraiment, se pourrait-il que le ver libéral soit déjà dans le fruit ??

    Autre sujet et autre journal, je lis aujourd’hui dans la TdG les propos étonnants du président d’honneur du MCG Eric Stauffer qui recommande à son Conseiller d’Etat de concentrer ses efforts, avec ses collègues, « afin d’obtenir un maximum de permis pour Genève ». Là je dois dire que j’ai de la peine à suivre son raisonnement. Je croyais que le but de cette initiative était de réduire le chômage en limitant l'immigration et ainsi de réserver en priorité les emplois aux chômeurs. Ne devrait-il dès lors pas, au contraire, exiger des quotas moindres à Genève où le taux de chômage est le plus élevé de Suisse ? Allez comprendre…

    Enfin dernière source d’amusement cette semaine: la traversée de la rade. Et sur ce coup, chapeau !

    Lancer un projet sans même réfléchir à sa faisabilité soi-disant pour faire avancer le sujet puis s’opposer à un contre-projet de peur de devoir partager la victoire c’est très fort !

    En fait, de savoir que cette initiative ne servira au final qu’à ralentir la concrétisation éventuelle d’une traversée, les « révolutionnaires conservateurs » de Genève n’en ont cure. Ils veulent juste qu’on parle d’eux.

    Et sur ce coup, ceux qui comme moi pensent que la traversée du lac est une fausse bonne idée ne peuvent que dire merci à nos Che Guevarade pacotille!

    Viva la revolucion ;-)

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  • Vous avez dit David contre Goliath?

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    Les réactions  des pourfendeurs de l’immigration et de leurs suppôts ne se sont pas fait attendre: le peuple seul, désarmé, aurait battu les élites.

    Une histoire digne des plus beaux contes liés à la création de notre pays... Guillaume Tell armé de son seul courage, seul contre tous.

    Et pourtant, n’en déplaise aux initiants, cette campagne et son résultat découlent d’un tout autre processus.

    Rappeler d’abord que la campagne a vu un investissement financier et humain massif des deux côtés. Les sommes débloquées par les courants de droite nationaliste n’ont rien à envier à celles investies par le camp du non. Loin de la vision du « David contre Goliath » que certains journalistes en mal de sensation tentent de nous faire avaler aujourd’hui.

    Le résultat de ce dimanche n’a rien non plus d’un message du peuple contre ses élites. En fait, il reflète avant tout un pays partagé. D’un côté il y a les régions les plus touchées par le chômage, la pénurie de logements et la mobilité des pendulaires qui, à l’exception du Tessin, votent largement en faveur de l’ouverture. Ceux-là mêmes qui sont directement concernés et en concurrence avec les étrangers refusent donc l’enfermement.

    De l’autre côté, il y a une Suisse qui bénéficie largement de l’ouverture au monde sans en payer au quotidien les conséquences. Grâce au tourisme, à des régimes fiscaux favorables aux riches étrangers et à un système de péréquation qui voit les grandes villes suisses équilibrer leurs budgets déficitaires, les Uri, Schwytz et Appenzell, sont clairement les bénéficiaires du dynamisme économique de la Suisse. Et pourtant, ce sont eux qui sont les plus sensibles aux fantasmes et autres discours apocalyptiques sur la migration de la droite conservatrice.

    Et au final, les grandes villes Suisses, leur ouverture  et leur dynamisme économique se sont fait battre ce dimanche, pour quelques milliers de voix.

    Il s’agira désormais de mieux accompagner l’ouverture mais aussi de faire comprendre à certaines régions qu’elles ne peuvent pas tuer la poule aux œufs d’or et vouloir continuer de vivre à ses dépends. Il faudra leur faire comprendre que la Suisse dont elles rêvent est un mirage dont la quête pourrait leur coûter très cher.

    Et pour la droite dite ouverte, libérale et responsable, il faudra tirer les enseignements de ce dimanche et admettre que l’ennemi de la croissance économique de la Suisse se trouve clairement à sa droite.

    Il est dès lors temps pour elle d'entrer en matière sur des concessions sociales et écologiques qui lui coûteront, au final, bien moins cher que les conséquences de l’enfermement défendu par ses alliés d’extrême droite.

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