Une collaboration plus efficace entre canton et communes

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L’Etat de Genève entre dans une période de turbulence en matière de recettes fiscales. Si la majorité du Grand Conseil persiste dans sa volonté de ne pas relever les impôts, il n’y aura d’autre solution que de réduire les prestations.

Ce sujet étant hautement politique et les députés n’ayant jamais été très enclins à effectuer des choix clairs (et de les assumer auprès de la population), la tentation sera forte une fois de plus pour l’Etat de chercher à « transférer » des charges aux communes.

A elles, ensuite, de porter la responsabilité d’augmener les impôts ou de baisser leurs propres prestations pour y faire face.

Outre que cette manière de collaborer est irespectueuse et pas très courageuse, elle est également complètement innefficace.

Car cette dynamique de « sous-traitance des coûts » ne fait que transférer les charges et non les réduires. Dès lors, pour le citoyen lambda, pour qui la gueguerre entre le canton et la ville est à des années lumières de ses préocupations quotidiennes, il s’agit d’un jeu à somme nulle.

L’intérêt collectif voudrait au contraire que l’Etat et les communes s’engagent dans une vraie collaboration. Une collaboration où chacun assume des charges mais également des responsabilités.

J’aimerais suggérer à l’Etat, s’il entend véritablement réduire ses dépenses, qu’il commence par transférer aux communes des responsabilités claires en matière de proximité, et particulièrement dans les domaines liés à la sécurité, la mobilité, ou encore, dans une certaine mesure, l’aménagement.

A l’Etat de poser le cadre et de développer les règlements d’application. Aux communes de réaliser, à l’intérieur de ce cadre, ce qui relève de la proximité.

Plus besoin dès lors d’innombrables études et autres bilans avant de pouvoir ajouter un passage piétons ou une place livraison sur une route communale. Poser un abribus, un miroir à la sortie d’un parking ou dessiner un sigle devant une école pour que les automobilistes ralentissent sont des actes qui ne devraient pas nécessiter l’implication directe de l’Etat.

Qu’ils relèvent d’une réglementation stricte assortie de contrôles réguliers certe, mais que chacun de ces actes soit soumis à une autorisation très coûteuse de l’Etat est contreproductive.

Car non seulement cela consomme une bonne partie des ressources de l’administration cantonale qui n’arrive plus à assumer ses vraies tâches, soit les projets d’intérêt cantonal, mais cela décrédibilise les autorités locales qui peinent à expliquer à leur population qu’il faut de long mois (dans le meilleur des cas !!) pour poser un petit abri vélos ou créer une place de parking « handicapés ».

Si l’Etat entend durablement réduire ses coûts en tablant sur une meilleure gestion, qu’il commence par accepter qu’il ne peut plus être omnipotent. Qu’il accepte enfin de partager la gestion de la cité avec les communes pour le bien de tous.

Commentaires

  • Votre idée est intéressante.
    Mais il ne faut pas sous estimer la formation continue des employés communaux qui devront assumer de nouvelles tâches dans le respect de la loi. Cela sera peut-être facile pour une Ville comme Carouge qui regorge de nombreux employés et ingénieurs, mais cela sera complexe pour Russin ou Gy, plus petites communes du Canton.
    De plus, pour les exemples que vous citez en matière de "petite circulation". Le gros avantage de la situation actuelle est que la signalisation routière est uniforme sur tout le Canton. Mais passez de l'autre côté de la frontière, vous trouverez des signalisations non conformes, des manières de faire toutes locales, des ralentisseurs pour faire passer les voitures sur la Commune d'à côté, puis sur la commune d'à côté des ralentisseurs pour les faire revenir sur la 1ère commune, ... bref de l'anarchie.

    Mais votre idée doit être effectivement étudiée.

  • Vous avez raison. Certaines petites communes ne pourront pas assumer toutes ces tâches, même si je pense que Russin comme Gy ont des ressources suffisantes pour peindre un passage piétons devant leur Mairie.

    Pour d'autres projets plus complexes, l'Etat pourrait toujours leur offrir un soutien. Sachant que ce sont actuellement les grandes communes urbaines qui monopolisent une bonne partie des ressources de l'administration cantonale, un tel rééquilibrage devrait permettre au canton de faire de substantielles économies.

    Pour la cohérence de la signalisation, vous avez raison. C'est pourquoi il importerait, le cas échéant, de prévoir un règlement d'application très précis afin d'éviter ce que vous appelez l'anarchie.

    Plusieurs cantons suisses qui offrent une large autonomie aux communes s'en sortent très bien... peut-être faudrait-il s'en inspirer.

    Excellente journée

  • Pas d'augmentation d'impots,mais restriction du train de vie de l'ETAT.

  • Pas d'augmentation d'impots,mais restriction du train de vie de l'ETAT.

  • Pour Philippe C.: Vous trouvez vraiment que c'est l'anarchie en France voisine? Je dirais plutôt que c'est de la diversité. Les communes trouvent, souvent avec beaucoup d'imagination et engagement, des solutions de modération de circulation parfois originales et performantes.

  • Originales et performantes ? Créatrices de bouchons inutiles, oui, et dépourvues de vision d'ensemble nécessitant de définir où doivent passer les axes principaux, car il doit bien y en avoir, pour permettre aux gens de circuler sans feux rouges inutiles et ralentisseurs générateurs de pollution ! Une voiture qui réaccélère avant, sur et après le ralentisseur consomme et pollue trois fois plus - y compris au plan sonore - qu'une auto circulant à vitesse constante. Une file d'attente à un feu qui ne sert à rien - il y en a je peux vous en citer et sur des axes importants en plus - c'est là encore de la pollution inutile. Bref, les maires font n'importe quoi par électoralisme idiot, en oubliant de penser l'intérêt général.

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