Le vélo en libre service: pourquoi tant de haine ?

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Bientôt dix ans de réflexion et de travail. Dix ans que la ville de Genève puis le canton et les Transports publics travaillent à mettre sur pied un projet de vélos en libre service. Dix ans que des élus, verts, socialistes, PDC ou PLR demandent que Genève se dote de ce système qui représente un atout tant pour la mobilité des habitants que pour celle des touristes.

Alors que toutes les villes, les unes après les autres, intègrent ce système dans leur réseau de transport public, notre Grand Conseil continue de pinailler pour …700'000.- sfr.

Et pourtant, grâce à Mme Künzler qui s’est engagée pleinement dans ce projet, une vision cantonale a été développée. Car contrairement à ce que clament leurs opposants, l’option communale pure n’est pas souhaitable. Il est en effet nécessaire que le système soit identique sur l’ensemble du territoire et géré de manière coordonnée.

D’autre part, et c’est là le grand avantage du projet genevois, il est facteur d'insertion sociale et a été pensé en cohérence complète avec le réseau de transports publics. Les stations sont situées à proximité des arrêts de bus favorisant d’autant la complémentarité.

Quant au coût, si l’investissement est à la charge des communes, le fonctionnement est partagé à parts égales entre les communes, les TpG et le canton, soit 700'000.-sfr la part. Juste pour rappel, ce montant qui pourrait faire capoter un tel projet d'importance cantonale correspond à la création de … 11 places souterraines de parking !!

Ces attaques de la droite et en particulier du PLR cantonal sont d’autant plus incompréhensibles que leurs élus en ville de Genève ont jusqu'ici fortement soutenu ce projet.

Tout autant ahurissante est la position de la droite carougeoise opposée au projet dont certains élus sont également députés. Ceux-ci ne peuvent ignorer que s’ils votent contre la participation du canton, la totalité du financement incombera aux communes.

Car il est hautement probable que la ville de Genève installe quoi qu'il arrive le réseau vls sur son territoire. Ainsi, Carouge n’aura d’autre choix que de payer l’entier de la facture ou alors rester sur le carreau, privant la population de ce système et péjorant du même coup son accessibilité pour les touristes.

Mais à Carouge comme à la rue de l'Hôtel-de-Ville, certains élus, aveuglés par les prochaines échéances électorales, n’hésitent plus à faire passer l’intérêt général au second plan.

Lien permanent Catégories : Carouge, Genève 16 commentaires

Commentaires

  • Les grands mots, la haine, bigre.
    Quand on n'est pas d'accord, c'est de la haine.
    Drôle de notion du débat politique.
    Pour nous la droite, le rôle de l'Etat s'arrête ou commence la liberté individuelle.
    Oui a des pistes cyclables, ou a des itinéraires sécurises, non a des vélos gratuits.
    Cette notion de l'Etat omnipotent, papa gâteau, déresponsabilise les citoyens.
    Alors non au vélolib.

  • Oui Bertrand, je connais bien ta vision très régalienne de l'Etat, vision qui n'est d'ailleurs pas exempte de contradictions. Faire passer des crèches low cost, sortes de garderies au rabais, pour faire des économies, tout en insistant pour distribuer des "chèques" activités à toute la population. Et si sur l'autel de coupes budgétaires tu veux réduire les dépenses pour l'éducation, le social et la culture, les bourses se trouvent déliées en ce qui concerne la répression. Car pour les prisons ou les caméras de surveillances, on fait de la surenchère. Alors c'est dans la même ligne qu'en matière de transport, l’État ne devrait pas s'impliquer dans la mise en place d'un système de vélos en libre service. Par contre il peut dépenser sans compter pour la tranchée de Vésenaz ou pour la création de places de parkings. Ton programme cher Bertrand n'a rien de nouveau, c'est celui que proposent depuis des décennies les "ultras" du parti libéral. Avec juste une petite touche de populisme pour faire passer la pilule!

  • @ Nicolas. Pourquoi proposer une version du VLS de première génération ?
    Aujord'hui il existe, déjà, des solutions plus innovantes et plus économique.

  • Charly,
    Le choix qui a été fait est celui, à mon avis, le plus adapté pour Genève aujourd'hui. Bien sûr il était possible de choisir des systèmes sans bornes et donc moins chers mais, in fine, ce qui compte est l'efficacité de ce système. Il doit non seulement être fonctionnel et solide mais également simple d'utilisation, fiable et donner envie aux habitants d'enfourcher un vélo. Car rappelons-le, ce système ne s'adresse pas en priorité aux cyclistes aguerris qui, eux, continuerons d'utiliser leur propre vélo.
    Finalement, comme dans tout projet d'envergure, il a fallu arrêter un choix à un moment donné alors que les développements technologiques amènent chaque années de nouvelles possibilités.

  • si ça peut aider la police municipale à contre-carrer les vols de VTT dûment cadenassés sur parking 2-roues, ne serait-ce qu'en plein jour en centre ville...

    PM qui pour l'instant répond, aux victimes excédées pour vols répétitifs: pas de personnel pour ça, pas de budget...

  • Aleluia ! Buchs fait sont comming out et n'a plus l'indécence de se prétendre centriste : "Pour nous la droite[...]"

  • Ben mon colon quelle remontée de bretelles.
    Tout cela pour des vélos en libre service.
    Mes priorités sont ailleurs etvtu les connais très mal.
    Sans rancune Nicolas.

  • @Djinus : Quel scoop de découvrir que je suis de droite.

  • @Giandula: Vous avez raison que la sécurité des vélos est un problème. Et c'est vrai que les effectifs manquent auprès des polices (cantonales et communales) pour poursuivre les voleurs. Mais la raison est surtout que pour pouvoir rechercher les vélos, il faudrait instaurer un système de marquage qui permette d'identifier facilement le vélo. Peut-être qu'avec l'accroissement du nombre de cyclistes, le canton, voire la confédération, seront contraints de définir une procédure qui protège plus efficacement les propriétaires de 2 roues.

    @Bertrand: Bien sûr sans rancune... Et je me réjouis de découvrir tes priorités. Bon we.

  • Je parie que, vu le nombre de vélos volés, les 700.000 balles seront doublés et que le Rhône sera un garage à vélos de première !!

  • avec 3 vols en 2 ans de VTT plutôt chers (obligé pour cet étudiant qui fait ses parcours home-HES en VTT par tous temps), son prochain sera (histoire de moyens) un VTT 28", + solides, normes US bientôt en Suisse?,
    avec système de marquage à puce + repérage sur portable, cher mais nécessaire face à la péjoration de la criminalité -les cadenas bordo étant insuffisamment secure, & n'y a rien d'autre- à moins de trimbaler des kgs de cadenas U.

  • Pas besoin de trimballer des kg de cadenas, il suffit dans laisser un très solide, p.ex de moto, attaché a demeure à son travail ... (oui, des fois les solutions à un problème apparemment inextricable sont triviales.)

  • Et si le désamour ne viendrait-il pas d'un projet mal ficelé : des communes qui payent la construction des stations, ok, mais en plus elles doivent payer une partie des frais d'entretien (pas prévu initialement) et le tout géré par "TPG Vélo" SANS que les communes ne puissent participer aux décisions... Paye et ferme ta g... .
    À Paris, Lyon, ... Le tout est quasiment payé par la pub... Mais à Genève, on fait toujours différemment !

  • Philippe C, postulez! Philippe C, président TPG!

  • Petite précision, je suis ne suis pas de gauche mais surtout pas de droite, par contre je suis un cycliste invétéré.

    Ce que je reproche à ce projet et je suis content de pouvoir avoir ton avis là dessus Nicolas est de voir les partis promouvant le social appuyer de plus en plus de projet déshumanisés. L'exemple de la vélo-station derrière Cornavin en est un exemple.

    Quand on me dit que le projet est social, j'aimerai pouvoir être sûr d'un point.
    Pour l'instant à Genève nous avons un vélo en libre service humanisé, pourquoi lui mettre un système concurrent ?
    Quand tu dis que le futur projet VLS est social, qui peut me rassurer que les EDS de GenèveRoule ne deviennent pas simplement des réparateurs en périphérie de la ville ou de simple gars qui remettent des vélos dans des stations fixes pour les rééquilibrer ?
    Pourquoi ne pas avoir fait autour de ce projet quelque chose de plus social ou on aurait pu y intégrer les jeunes ? Juste pour préciser le vélo est un bon moyen pas cher pour revaloriser des jeunes, un tournevis et une clef à molette et le jeune peut dire qu'il est mécano. Le vélo permet au jeune de faire du sport, c'est à ce moment ou il hésite entre l'achat d'un vélo et d'un scooter autant lui donner l'amour de la petite Reine. Cela peut lui permettre de s'orienter vers des métiers de la mobilité douce (Coursiers, mécanos vélos, entrain pour le développement durable), des sports (vélopolo, VTT, Race,....), mais avant tout d'une passion.

    Ayant été moi-même coursier à vélo, j'ai vu beaucoup de jeunes poser leur cul sur une selle de vélo et ne plus décrocher.
    Ayant aider des toxicomanes à se sevrer lors de voyage à vélo, j'ai pu voir des jeunes n'avoir comme passion que la drogue qui maintenant parlent de drogues et de vélo.

    Un VLS oui, mais pourquoi vouloir faire comme tout le monde ?
    Notre spécificité d'avoir des réfugiés, des EDS ne devrait pas plutôt être l'exemple ?
    Un VLS humanisé !

  • Cher Stéphane,

    Je comprends ton avis et peux te rejoindre sur l'automatisation de notre société qui amène à une certaine déshumanisation. Mais ce procès fait au VLS n'a à mon avis pas lieu d'être.

    D'abord parce que le système Genèveroule actuel ne vise pas le même objectif. Car s'il répond parfaitement aux besoins des touristes et des habitants souhaitant "faire un tour" à vélo, il n'est pas vraiment pertinent pour le trafic pendulaire. Le temps pour obtenir un vélo (contrat, etc...) et le nombre de stations limité (impossible d'imaginer 150 stations humanisées) rendent ce système inopérant pour une couverture large du territoire de la ville et du canton.

    D'un autre côté, le VLS permettra d'offrir des postes, y compris d'insertion, dans des domaines tels que la mécanique, le service client, l'équilibrage (chauffeurs), etc...

    On aurait en effet pu imaginer un projet plus social ou plus grand ou moins cher ou... mais un moment donné, et c'est la question qui est posée aux députés actuellement, le choix se résume entre ça ou rien. Car si le vote est négatif, il n'y aura pas de vls avant au moins 10-20 ans. Et connaissant les opposants à ce projet, il ne voteront pas plus d'argent pour les associations liées au vélo si ce projet échoue. Au contraire, ça pourrait n'être que le début des attaques contre la mobilité douce.

    Sachant que si le système VLS accroit le nombre de cyclistes, c'est toute l'industrie du vélo, y compris les associations, qui en bénéficieront, je ne peux que soutenir sans réserve ce projet.

    A très bientôt

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