Les ainés ne représentent pas une catégorie homogène

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A l’heure où l’on entend des commentateurs parler au nom des trois millions de catoliques en Suisse, comme si ceux-ci constituaient un groupe compact aux aspirations convergentes, me revient la question de l’hétérogénéité identitaire de l’être humain.

 

L’identité de chacun se construit sur différents critères - culturels, socioéconomiques ou biologiques - plus ou moins objectifs (communauté, classe sociale, cohorte, religion, physique, etc… ). L’importance de ceux-ci pour la personne concernée étant directement correllée au poids que la société leur attribue.

 

C’est pourquoi, attribuer des désirs, besoins ou avis à un groupe d’individus en fonction d’un seul critère est non seulement idiot mais surtout dangereux. Car cette simplification extrême des individus entraine trop souvent une « naturalisation » de traits identitaires que les individus se sentent ensuite un devoir de développer sous peine d’exclusion.

 

Prenons les personnes âgées. Combien de projections ne fait-on pas sur ce soi-disant groupe homogène ?

 

L’idée même qu’arrivé au 4ème âge on souhaite se reposer et se retirer du brouhaha de la ville nous a conduit durant des décénies à construire la majorité des EMS hors des zones urbaines. Ces établissements sont presque tous munis de magnifiques balcons permettant aux résidants de profiter pleinement et tranquillement de leur temps libre. La réalité montre que les EMS en zone urbaine sont aujourd’hui les plus demandés. Quant aux balcons, ils sont surtout utilisés par les familles lors des visites, les résidants préférant eux en général passer leur temps libre dans le lobby en compagnie d’autres personnes.

 

C’est dans la même vaine que certains groupes politques (dont un particulièrement) attribuent aux personnes âgées un amour imodéré des enfants. Sur le présupposé que le « vieux » est naturellement enclin à rechercher la compagnie d’enfants, ils n’hésitent pas à proposer l’utilisation bénévole de cette catégorie sociale pour la garde d’enfants. On aurait ainsi, avec eux, un réservoir géant de « familles de jour » low cost !!

 

N’en déplaise à ces doux rêveurs, il y a de nombreux séniors qui n’apprécient pas vraiment la présence d’enfants, et surtout ceux des autres. Comme ils n’aiment pas forcément décorer des crèches de Noël ou tricoter.

 

Notre société doit apprendre à intégrer la diversité des séniors dans nos institutions et processus. Car s’il y a bien des spécificités inérantes au vieillissement, la catégorisation doit s’arrêter là. Le reste n’est que fantasmes projetés.

 

 

 

 

 

 

Lien permanent Catégories : Air du temps, Genève, Humeur 3 commentaires

Commentaires

  • S'il y a de nombreux séniors qui n'apprécient pas forcément la présence d'enfants, il en est d'autres qui regrettent de se voir imposer la compagnie de personnes de la même catégorie d'âge qu'eux.
    Combien de fois on les entend parler des vieux comme étant les autres ?
    Je pense que l'idée de mélanger les générations est à explorer. Les aînés pourraient avantageusement faire profiter de leur longue expérience de vie et continuer à rester actifs tant qu'ils en ont les moyens et les plus petits trouveraient enfin des structures d'accueils devenues rares et indispensables.
    Le seul problème c'est la responsabilité. Qui superviserait ce pool de bénévoles non professionnels ?
    C'est dommage que nos sociétés actuelles soient pareillement traumatisées par les risques et focalisées sur la sécurité.
    On craint pour un rien un procédure.
    Il faudra pourtant réinventer la famille dans les prochains siècles. Parquer les vieux dans des mouroirs et créer des studios pour les majoritaires couples divorcés ne semblent pas des solutions, mais des pansements provisoires.

  • Vous avez raison. Il y a des personnes âgées qui aiment les enfants, d'autres les animaux, les voitures ou la nature. Toutefois il ne viendrait à l'esprit de personne de remplacer les jardiniers, les gardiens de zoo ou les chauffeurs de camions par nos retraités. S'occuper d'enfants en bas âge au quotidien demande des compétences spécifiques. Au même titre que s'occuper de son balcon ne fait pas de nous des jardiniers capables de fleurir nos parcs publics!!
    Ce n'est pas parce que l'on s'est occupé de ses propres enfants que l'on peut avantageusement remplacer les professionnels de la petite enfance.

    Mais mon article visait surtout à mettre en avant la diversité de besoins et d'envies chez nos ainés qu'il est de notre devoir de respecter. Partant de cela, je soutien bien entendu toute proposition favorisant la mixité de population mais pas dans une perspective exclusivement utilitariste.

  • en effet il régne une diversité parmi les anciens non négligeable. Elle est aussi importante que celle qui règne au sein du monde du travail
    Et parmi les séniors et sénioras on en compte un nombre assez élevé sans doute est-ce dû à internet qui se rebiffent face à certains partis qui ne cessent et ce de plus en plus d'infantiliser le peuple en lui faisant croire à des âneries.Cette tranche d'ainés expriment leur ressenti celui-là même mais qui pour d'autres raison était refoulé par leurs grands parents

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