Cyclotri: 58 jours de grève....

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58 jours de réflexion et de consultations. 58 jours à écouter et discuter. 58 jours pour prendre une décision qui aura des conséquences sur l’avenir d’une vingtaine de travailleurs ou peut-être plus et sur une institution d’utilité publique.

58 jours à attendre que le canton se manifeste et prenne ses responsabilités. 58 jours à espérer qu’il décide enfin d’améliorer les conditions de rémunération des emplois de solidarité.

58 jours à souhaiter que le Syndicat SIT et les responsables de Partage se mettent autour d’une table. 58 jours à attendre qu’un audit fasse toute la lumière sur les griefs des grévistes.

58 jours à expliquer aux grévistes que leur jusqu’au-boutisme se conclura probablement par leur retour au chômage. 58 jours en espérant que le SIT fera la part des choses entre son combat contre le système des EdS et la situation des 20 grévistes.

58 jours à expliquer que Cyclotri n’a rien à voir pour Carouge avec de la sous-traitance bon-marché. 58 jours pour rappeler que 3 collaborateurs de Cyclotri ont pu, grâce à ce programme, trouver un emploi à la Ville de Carouge. 58 jours à marteler que si nous internalisons et revenons au service de levée des déchets « standard », nous ne pourrions créer qu’au maximum 2 à 3 emplois.

58 jours à écouter le SIT et les grévistes nous dire que leur demande principale est l’arrêt du contrat avec Partage, quel que soit le nombre d’emplois créés. 58 jours à les entendre aussi nous demander des emplois à Carouge sur base d'une responsabilité morale de notre commune face à leur situation.

58 jours à leur répondre que pour nous le seul « tord » de la ville de Carouge aura été de financer et soutenir un programme de réinsertion socioprofessionnelle encadré par le canton visant à la création des postes EdS. Canton qui n'a cessé durant ces 4 dernières années à inciter de nombreuses institutions, dont les communes, à financer des prestations participant ainsi activement à la création de postes EdS.

Dès lors, 58 jours à répéter que seuls les postes nécessaires seront créés à Carouge et qu'ils seront ouverts selon nos procédures standards de recrutement, sachant que dans ce cadre, l'expérience des gréviste sera prise en compte. 58 jours à répéter que nous ne pouvons et ne souhaitons pas opposer les EdS aux autres personnes en recherche d’emploi à Carouge qui doivent aussi pouvoir postuler.

Finalement, 58 jours à ne pas comprendre quel était l’intérêt d’entrer en grève avec pour exigence principale qu’on mette fin à son poste de travail alors qu’il suffisait de démissionner. 58 jours à ne pas comprendre non plus pourquoi le combat n’a pas porté sur l’exigence d’améliorations concrètes de leurs conditions de travail.

C’est dire qu’après 58 jours, je reste très dubitatif devant cette « victoire d’étape » qui ressemble plus pour moi à une grande défaite pour toutes les parties.

Lien permanent Catégories : Carouge, Genève, Humeur 5 commentaires

Commentaires

  • M. Walder,

    Très bon commentaire, mais je pense quand même que ceux qui trinquerons le plus dans cette malheureuse affaire, qui sent la récupération politique en cette période d'élections, c’est les chômeurs de partage.

    Bonne journée

  • Entièrement d'accord.
    Mon soutien entier au CA de la ville de Carouge

  • Bref, 58 fois merci aux syndicats et à leurs prétentions irréalistes et dogmatiques, qui comme d'habitude détruisent les emplois. La ville de Carouge vit à petite échelle sur 58 jours ce que la ville de Détroit a vécu à grande échelle sur 50 ans. Merci les syndicats.

  • Cyclotri : 58 jours de grève…

    Monsieur Walder,

    Vos commentaires, vos interrogations et vos réflexions sur nos 58 jours de grève nous ont paru totalement déconnectés de la réalité et empreints de contre-vérité. A la lecture de votre blog, nous ne vous cachons pas que nous avons eu de la peine à discerner s’ils avaient été livrés par le citoyen, le militant ou par le maire de la Ville de Carouge qui nous a reçu à plusieurs occasions.

    Vous souhaitez depuis 58 jours que le SIT et les responsables de Partage se mettent autour d’une table en omettant de préciser que notre employeur n’a jamais admis la moindre responsabilité à notre égard et que notre syndicat a ,dès le début de la grève, interpellé l’OCE pour mettre sur pied une enquête.

    Vous nous traitez de jusqu’au-boutistes alors que justement notre abnégation et notre détermination ont permis enfin que les autorités nous entendent et acceptent le principe d’une enquête !

    Vos propos sont par ailleurs blessants car ils mettent en doute notre capacité d’agir de manière indépendante et notre pouvoir de décision. Après plus de 58 jour de grève, il est regrettable de devoir vous rassurer sur le fait que nous avons pris seuls la décision de partir en grève en ayant parfaitement conscience des conséquences et de la dureté du combat que nous allions mener.

    Par ailleurs, faute d’être entendus, devons-nous rappeler que nous n’avions pas d’autre choix que celui d’entrer en grève ?

    Après plus de 58 jours, il est navrant de devoir rappeler ici encore qu’en utilisant Cyclotri pour la levée des déchets dans le Vieux-Carouge les autorités carougeoises ne pouvait ignorer le fait que nous ferions le même travail que les employés communaux pour des salaires de misère.

    Nous considérons que vous n’êtes pas des mieux placés pour nous donner des leçons car vous n’êtes jamais monté sur des triporteurs défectueux par tous les temps pour un salaire de 2'800 francs.

    Contrairement à ce que vous pensez, nous n’avons pas eu besoin de 58 jours pour comprendre que la Ville de Carouge avait engagé trois ex-employés de Partage ces dernières années. Nous l’avons parfaitement compris ! Cela nous rassure et nous démontre que des engagements parmi nous au sein de la commune sont tout à fait possibles !

    Nous avons également compris ,tout comme un de ses conseillers municipaux qui l’ a démontré par A + B à l’occasion d’une séance du CM, que la commune de Carouge avait les moyens d’engager plus de deux EDS avec la prestation de 420'000 francs qu’elle versait à Partage et en leur accordant une priorité à l’embauche.

    Malheureusement il n’y pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ! La majorité des élu-e-s de Carouge persistent à dire qu’une telle priorité serait discriminatoire alors que cette dernière est prévue par la politique de recrutement développée en long et en large sur le site web de la commune !

    A votre questionnement un peu surréaliste de savoir s’il ne fallait pas que l’on démissionne plutôt que de faire la grève, nous répondons qu’il rejoint malheureusement la même position que les dirigeants de Partage qui ne nous reconnaissaient aucun droit. Nous n’osons toutefois croire qu’il s’agit d’une remise en question de votre part de notre droit constitutionnel à faire la grève.

    En fait, nous avons eu la désagréable impression en lisant votre blog que notre lutte dérange !

    Peut-être ne comprenez vous pas que des travailleurs comme nous puissent se révolter contre leurs conditions ! Ce sentiment est renforcé par le fait qu’il n’a pas été rare d’entendre ,lors des débats au sein du conseil municipal de Carouge en notre présence, cette petite phrase révélatrice, tantôt méprisante tantôt paternaliste … « Ces gens-là « …

    Ces gens-là pourtant sont fiers de leur combat entamé initialement pour le respect de leur personnalité et des conditions de travail dignes !

    Ces gens-là, après désormais 60 jours de grève, sont fiers pour leur esprit de solidarité !

    Même si certains s’évertuent à le nier, notre combat a mis en lumière les graves dysfonctionnements des EDS et bon nombre d’illégalités notamment la violation par l’Etat de la Loi sur le chômage qui interdit clairement l’utilisation de tels emplois pour des postes ordinaires au sein des collectivités publiques comme ceux que nous avons occupés pendant des années pour la Ville de Carouge pour des salaires indignes!

    N’est-ce pas une victoire d’étapes importante pour nous mais également pour les centaines de collègues EDS de ce canton ?

    Nous vous posons la question, Monsieur Walder, avec l’espoir d’une réponse différente !

    Les grévistes de Partage

  • @Grévistes de Partage
    Messieurs,
    Je vais tenter de répondre à plusieurs de vos remarques et interrogations.
    En premier lieu, ce blog est un blog citoyen. Il n'est donc pas lié à ma fonction de Maire même si mes articles sont nourris par mes diverses fonctions.

    J'ai essayé, à travers ce blog, d'expliquer la difficulté de prendre une décision en 58 jours sur un dossier complexe dont l’aboutissement fera à mon avis plus de victimes que d’heureux. J’ai aussi voulu dire ma déception face à l'absence de réaction et de décision du canton. Et lorsque je regrette que les 2 parties ne se soient pas réunies autour d'une table, ce n'est pas une critique contre vous les grévistes mais bien un regret face à une situation qui aurait pu et du avancer différemment si seulement l'Etat s'était impliqué plus activement dans la négociation.

    Si je parle de "jusqu'au boutisme" c'est en référence non pas à la grève en soi mais bien à l'objectif déclaré de votre grève dont la priorité à été donnée à la résiliation du contrat des diverses collectivités publiques. Cet objectif aura comme résultat probable la suppression de vos postes chez Partage. De nombreuses grèves, y compris chez les mineurs, ont par le passé demandé des améliorations de leurs conditions de travail. Et ces derniers temps, on assiste plus souvent à des grèves visant à contester des licenciements ou la mise en faillite d’une entreprise. Mais jamais encore je n'avais vu des grévistes demander de supprimer leurs emplois. D'où mon commentaire sur le fait que si l'objectif est de supprimer son poste, il reste plus simple de démissionner.
    Mais ceci, posté sur mon blog citoyen, est un avis personnel qui ne remet pas en cause votre droit inaliénable d'entrer en grève et de réclamer les changements que vous estimez justes.
    Et je peux vous assurer que j'ai bien compris et suis convaincu que votre combat est le votre et qu'il n'a pas été dirigé par une autre entité. Je sais bien que c'est vous qui avez décidé d'entrer en grève, de formuler vos revendications et de les porter. C'est d'ailleurs vous qui en assumez et assumerez les conséquences et j'en suis conscient.

    Et c'est bien parce que je ne vous considère pas comme manipulés que je me permets d'émettre des doutes et des regrets sur l'adéquation entre les moyens utilisés, les revendications et les objectifs exposés par plusieurs d’entre vous de décrocher un emploi dans une administration publique.

    Comme vous je considère que personne ne devrait être payé en-dessous de 4000 voire 4500.-sfr brut. Comme vous, je souhaite que personne ne soit laissé de côté. Comme vous je souhaite que l'assurance chômage ne s'interrompe pas après 400 jours.

    Mais les revendications de grévistes devraient à mon avis aussi tenir compte de l’environnement politique, social et économique. Et malheureusement, les dernières décisions confirmées par les populations suisse et genevoise ne vont pas vraiment dans le sens de plus de solidarité et d’équité. Car si les prestations sociales se réduisent année après année, les recettes fiscales sont également entrainées vers le bas, limitant d’autant les budgets des entités publiques. Rien qu'en 2013, nous avons coupé 3 postes dans le service espaces verts et voirie à Carouge. En refusant l'augmentation d'impôts à plus de 67%, la population ne nous a pas laissé d'autre choix que de procéder à des économies pour plus de 5 millions.

    Dans un tel environnement, il m'a semblé et me semble toujours qu'il aurait été plus "productif" d'exiger des améliorations concrètes des conditions de vos emplois EdS que d'exiger leur disparition avec un très hypothétique engagement dans une entité publique. Et je suis malheureusement aussi convaincu que la disparition des EdS risque de ne déboucher ni sur de « vrais emplois », ni sur des aides sociales améliorées.

    En conclusion, je tiens à vous rassurer sur le fait que je ne voulais à aucun moment faire preuve de manque de respect face à votre décision courageuse de faire la grève ni à remettre en cause votre droit d’en choisir les revendications.

    Mais dès le moment ou vous en revendiquez la paternité, vous devez accepter qu’un citoyen, tout Maire qu’il est, puisse penser différemment sans pour autant vous manquer de respect.

    Avec mes plus chaleureuses salutations

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