Pour un commerce plus durable : NON à l’Accord de Libre Echange avec l’Indonésie !

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Le 7 mars prochain nous sommes appelés à nous prononcer sur l’accord de libre-échange entre la Suisse et l’Indonésie. L’occasion de dire NON au greenwashing et de réclamer un commerce plus durable et respectueux de notre planète.

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Voter NON, c’est exiger que la durabilité devienne réellement une priorité dans les règles commerciales, sachant que cet accord n’apporte aucune garantie écologique. Le chapitre 8 sur le développement durable est volontairement formulé de manière non contraignante et ne prévoit aucun mécanisme de contrôle efficace. Ce chapitre est même spécifiquement exclu du règlement des différends entre Etats prévu pour les autres articles. Ainsi, il ne pourra pas y avoir de sanctions en cas de non-respect des règles de durabilité.

Voter NON, c’est aussi contester le renforcement de la propriété intellectuelle sans garde-fous, y compris pour le vivant. L'expérience montre que ce sont principalement les industries pharmaceutiques et agrochimiques qui bénéficient de telles dispositions. Pour la population indonésienne en revanche, cela signifiera des médicaments plus chers et un accès plus difficile aux semences, c’est aussi pourquoi cet accord est rejeté par de nombreuses organisations de paysans, de pêcheurs et d’écologistes.[1]

Voter NON, c’est réclamer un frein à la déforestation massive qui fait rage en Indonésie et qui menace un poumon indispensable pour notre planète et un puit de biodiversité essentiel pour des milliers d’espèces dont l’Orang-Outang. Car non seulement les articles traitant de durabilité ne sont pas contraignants et n’incluent aucune sanction mais même certifiée, l’huile de palme dont la consommation a triplé en 25 ans, implique déforestation, expulsions de petits paysans et usage de pesticides. Il n’existe à l’heure actuelle aucune huile de palme durable en Indonésie !

Voter NON, c’est soutenir une véritable culture vivrière. Le gouvernement indonésien, très militarisé et gangréné par la corruption, favorise les accaparements de terres par de grands groupes agroalimentaires. Il n’hésite pas à déposséder par l’intimidation ou même la force les communautés autochtones. Par ailleurs, en orientant massivement l’exploitation agraire vers l’exportation, le gouvernement prive la population indonésienne de nécessaires ressources alimentaires. Au final, c’est la sécurité alimentaire de ce pays de 270 millions d’habitants qui est en jeu !

Voter NON, c’est préserver des recettes fiscales mais aussi protéger nos filières locales face à des produits importés dont les prix n’incluent pas les externalités sociales et environnementales. C’est ainsi que, même taxée à 100%, l’huile de palme dite « certifiée » reste moins chère que les huiles de colza ou tournesol produites localement en Suisse. Il s’agit ici d’être cohérents avec nos engagements à l’égard de nos producteurs et productrices locaux en faisant en sorte que les mangues indonésiennes de soient pas vendues moins chères que les pommes suisses.

Enfin Voter NON, c’est rappeler que promouvoir les échanges en supprimant largement les tarifs douaniers avec des pays aussi éloignés géographiquement que l’Indonésie est un non-sens écologique à l’heure où nous devons impérativement réduire notre consommation. Sachant que les deux tiers de notre impact carbone sont générés à l’étranger, nous devrions au contraire favoriser les circuits courts ainsi que l’imposition de normes environnementales contraignantes et équitables pour les produits importés.

L’urgence climatique nous impose donc de faire des choix courageux qui vont au-delà du greenwashing. La durabilité ne doit pas être un prétexte mais un but. C’est pourquoi le 7 mars il nous faut dire non à cet accord de libre-échange et exiger des relations commerciales réellement au service de la planète et des populations.

 

[1] Etwareea, Ram. « La société civile indonésienne rejette l’accord de libre-échange avec la Suisse ». Le Temps, 22 janvier 2021. https://www.letemps.ch/economie/societe-civile-indonesienne-rejette-laccord-libreechange-suisse.

 

Commentaires

  • Je vous propose de regarder sur youtube plusieurs reportages d'ARTE sur "la dérive des continents"! Après vous ne pourrez plus parler de "dérèglements climatiques" et de "durable" sur la Terre, le climat a toujours été fluctuant, et rien n'est durable! "La valse des continents" sur youtube! Il y a près de 250 millions d'années toute la future Sibérie était en activité volcanique importante, ce qui a engendré la destruction de près de 95% de la vie sur la Terre! Les mêmes animaux marins sont réapparus plus tard, et les dinosaures ont envahis la Terre entière! Il y a près de 70'000 ans le volcan Toba a explosé en Indonésie, provocant la disparition de près de 70% de la vie sur Terre! La fin programmée des humains ne mettra pas en danger la planète, elle en a vu bien d'autres!

  • HDP sous norme RSPO? : un contre-sens, et un mensonge éhonté.

    Le palmier à h en culture intensive n'est productif-rentable que sur 5-7 ans. Les sols deviennent vite toxiques - pesticides etc (dont interdits), les terrains rendus incultivables. Les producteurs n'arrêtent jamais de défricher de nouvelles zones, d'aller exploiter ailleurs.

    Il est donc totalement mensonger de prétendre à une quelconque durabilité de culture ou à respect environnemental en ce qui concerne l'industrie de l'hdp.

    Cet accord bilatéral n'est qu'un chèque en blanc
    que le législateur veut faire signer par l'électorat-consommateur, à l'insu de son plein gré,

    aux seuls bénéfices court-termistes de quelques agro-industriels,
    dont les conséquences aux surcoûts humains et environnementaux incontournables (Indonésie, Malaysie, Afrique) pèseront sur tous.

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