Le blog de Nicolas Walder - Page 4

  • Pour une réhabilitation de notre lac

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    Traversée du lac (ou de la rade). Tout tourne autour de cet objet devenu quasi-culte pour certains au point de le hausser au rang de Graal, clé de notre bonheur perpétuel.

    Eh oui,  hormis la construction de nouvelles prisons, notre canton n’a aujourd’hui plus qu’un seul objectif : pouvoir se déplacer en voiture partout et  rapidement. Même le lac, jadis fleuron de notre canton, ne représente désormais plus qu’un obstacle à sa traversée

    Et pourtant ce lac reste un grand espace de liberté et de loisirs pour nos habitants au bord duquel il pourrait être si agréable de vivre et de déambuler.

    Mais pour cela, encore faudrait-il penser l’aménagement en plaçant le lac et ses rives au centre de notre ville. Non pas comme lieu de passage à tous les trafics mais bien comme cœur d’une ville vivante et moderne dont le succès tient plus à la qualité de vie offerte à ses habitants qu’à ses voies de circulation.

    C’est d’ailleurs ce qu’ont bien compris la plupart des villes dans le reste du monde qui réhabilitent à tour de bras leurs rives et ce pour le plus grand bonheur des habitants et visiteurs.

    Mais à Genève, comme le rappelle aujourd’hui la TdG, les rives du lac sont en majorité « squattées » par des propriétaires privés (et publics !) en contradiction avec notre constitution.

    Le citoyen lambda qui souhaite s’évader de la ville ne peut toujours pas se balader sans risques au-delà du jardin botanique. Et pour cause, les piétons et cyclistes continuent de se partager une mince bande pour laisser la place aux voitures et leurs cinq voies de circulation (dont une rangée de parkings).

    Je pense comme de nombreux genevois que la traversée de la rade non seulement coûtera très cher et ne résoudra rien mais pourrait accroître encore un peu plus les problèmes de mobilité à Genève. Pire, cette traversée  qui n’est accompagnée d’aucun projet concret en matière de réaménagement des rives, risque de défigurer à tout jamais le cœur de notre cité.

    C’est pourquoi je suis convaincu que pour sortir du blocage dans lequel nous nous trouvons, il faut non seulement refuser cet objet mais aussi concevoir un aménagement enthousiasmant  pour Genève incluant une réhabilitation du cœur de notre canton et l’accessibilité de ses rives pour les piétons. Seul un tel projet aura le potentiel de rassembler largement autour de lui la population et les groupes politiques, même si cela implique la fermeture de certains axes et le détournement du trafic sur de nouvelles voies de circulation.

    Car si la mobilité est importante, la qualité de vie des habitants et l’attractivité touristique de Genève le sont encore plus. Ne les négligeons pas !

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  • La Maire de Zürich à Carouge

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    Jeudi soir les autorités exécutives de la ville de Zürich sont arrivées à Genève. Première escale: Carouge. Balade à pied dans notre ville organisée par Gianna Loredan avec découverte de ses jardins privés et escale au sommet de la 6ème tour.


    Vue imprenable sur la cité Sarde et échanges sur les bonnes pratiques entre villes qui, même si elles sont de tailles très différentes, partagent des mêmes principes et objectifs : qualité de vie, solidarité, durabilité, convivialité.

    La visite se termine par un apéritif suivi d’un repas au Café du Marché.

     

    La Maire Corine Mauch  tout comme l’ensemble des autorités de la ville de Zürich repartiront avec le souvenir d’une petite ville adjacente à Genève qui dégage vraiment une atmosphère particulière, une ville où l’ « on ne se sent pas vraiment en Suisse ». Propos presque subversifs à l’heure des festivités du 200ème !

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  • Un référendum contre (le théâtre de) Carouge

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    Un référendum vient d’être lancé contre le théâtre de Carouge. Qu’on ne s’y trompe pas. Il ne vise pas seulement la reconstruction de celui-ci mais bien l’activité théâtrale elle-même et met en péril l’avenir de notre cité.

     

    En effet, même si l’activité théâtrale fait partie intégrante du patrimoine de notre pays et particulièrement de notre commune, même si ce théâtre est très populaire et accessible, même si sa renommée dépasse et de loin la région, le théâtre de Carouge reste synonyme de culture « intello » pour certains élus. Cette même culture qu’ils ne comprennent pas. Celle qui fait réfléchir et permet de s’épanouir. Celle qui nous incite à nous interroger sur nous-même et notre rapport au monde.  Celle qui nous invite à découvrir des horizons inconnus.

     

    D’ailleurs il n’y a qu’à lire leurs arguments fallacieux pour se convaincre qu’ils ne visent nullement à ouvrir un débat démocratique mais bien à détruire dans l’œuf un magnifique projet pourtant concerté avec tous les acteurs et porté très largement dans Carouge.

     

    Car ce théâtre est la pierre angulaire du Carouge d’aujourd’hui et de demain. Il fait rayonner le nom de notre commune bien au-delà de nos frontières et draine un nombre important de visiteurs dans notre cité Sarde. Les commerçants, qui très majoritairement soutiennent ce théâtre, ne s’y sont pas trompés. Sans lui, notre centre historique serait appelé, petit à petit, à se vider de ses activités et donc de son animation.

     

    Ce théâtre est aussi au cœur des préoccupations du développement de notre ville. Avec 12'000 habitants supplémentaires prévus d’ici 30 ans, y compris dans le quartier du PAV qui doit être entièrement réaménagé, nous devrons créer, n’en déplaise aux référendaires, des lieux sportifs et culturels pour nos habitants. Refuser d’adapter une structure existante au risque qu’elle disparaisse sachant qu’il faudra de toute façon en créer de nouvelles rapidement serait totalement incompréhensible.

     

    Et ce théâtre doit être reconstruit. Tous les spécialistes, culturels ou architectes, vous le diront. La simple remise aux normes du théâtre avec création des espaces nécessaires n’est pas une option, d’autant plus que le coût serait in fine le même pour notre commune, soit environ 21 millions. Car sur les 54 millions prévus pour la reconstruction du théâtre (et non 62 millions comme avancé par les référendaires), 33 millions seront pris en charge par d’autres partenaires, privés et publics.

     

    Quant à l’argument consistant à prétendre que le lancement du référendum participerait à alimenter la démocratie participative, il n’est tout simplement pas crédible. J’aimerais rappeler aux Conseillers municipaux référendaires que s’ils souhaitent vraiment renforcer l’esprit de concertation, de discussion et donc la démocratie dans notre cité, ils devraient commencer par assister et participer aux séances préalables de travail et surtout être présents au Conseil Municipal lorsque justement on votait sur l’ouverture d’un crédit d’étude pour le théâtre de Carouge!!

     

    Pour toutes celles et ceux qui sont sensibles à la qualité de vie et l'harmonie de notre cité sarde, rappelez-vous que là se trouve le vrai enjeu de ce référendum.  Réfléchissez donc à deux fois avant de le signer!

     

     

     

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  • Viva la revolucion

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    Je dois dire que malgré le résultat sur l’initiative UDC du 9 février, je me suis passablement amusé cette semaine à suivre dans les médias les péripéties de nos auto-proclamés « révolutionnaires conservateurs » :

    En effet, c’est comme cela que Pascal Décaillet annonce en fanfare dans le GHI la «chute de la Maison libérale», en s’appuyant sur la «Révolution conservatrice qui ne fait que commencer».

    Mais c’était sans compter l’opportunisme du MCG et de ses députés qui viennent de faire sciemment capoter un important projet de réforme des zones de développement, privant ainsi pour longtemps encore la classe moyenne genevoise d’accès à la propriété ou à des logements à loyers accessibles… et ce au seul profit de spéculateurs sans scrupules.

    Avant même que la révolution ne démarre vraiment, se pourrait-il que le ver libéral soit déjà dans le fruit ??

    Autre sujet et autre journal, je lis aujourd’hui dans la TdG les propos étonnants du président d’honneur du MCG Eric Stauffer qui recommande à son Conseiller d’Etat de concentrer ses efforts, avec ses collègues, « afin d’obtenir un maximum de permis pour Genève ». Là je dois dire que j’ai de la peine à suivre son raisonnement. Je croyais que le but de cette initiative était de réduire le chômage en limitant l'immigration et ainsi de réserver en priorité les emplois aux chômeurs. Ne devrait-il dès lors pas, au contraire, exiger des quotas moindres à Genève où le taux de chômage est le plus élevé de Suisse ? Allez comprendre…

    Enfin dernière source d’amusement cette semaine: la traversée de la rade. Et sur ce coup, chapeau !

    Lancer un projet sans même réfléchir à sa faisabilité soi-disant pour faire avancer le sujet puis s’opposer à un contre-projet de peur de devoir partager la victoire c’est très fort !

    En fait, de savoir que cette initiative ne servira au final qu’à ralentir la concrétisation éventuelle d’une traversée, les « révolutionnaires conservateurs » de Genève n’en ont cure. Ils veulent juste qu’on parle d’eux.

    Et sur ce coup, ceux qui comme moi pensent que la traversée du lac est une fausse bonne idée ne peuvent que dire merci à nos Che Guevarade pacotille!

    Viva la revolucion ;-)

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  • Vous avez dit David contre Goliath?

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    Les réactions  des pourfendeurs de l’immigration et de leurs suppôts ne se sont pas fait attendre: le peuple seul, désarmé, aurait battu les élites.

    Une histoire digne des plus beaux contes liés à la création de notre pays... Guillaume Tell armé de son seul courage, seul contre tous.

    Et pourtant, n’en déplaise aux initiants, cette campagne et son résultat découlent d’un tout autre processus.

    Rappeler d’abord que la campagne a vu un investissement financier et humain massif des deux côtés. Les sommes débloquées par les courants de droite nationaliste n’ont rien à envier à celles investies par le camp du non. Loin de la vision du « David contre Goliath » que certains journalistes en mal de sensation tentent de nous faire avaler aujourd’hui.

    Le résultat de ce dimanche n’a rien non plus d’un message du peuple contre ses élites. En fait, il reflète avant tout un pays partagé. D’un côté il y a les régions les plus touchées par le chômage, la pénurie de logements et la mobilité des pendulaires qui, à l’exception du Tessin, votent largement en faveur de l’ouverture. Ceux-là mêmes qui sont directement concernés et en concurrence avec les étrangers refusent donc l’enfermement.

    De l’autre côté, il y a une Suisse qui bénéficie largement de l’ouverture au monde sans en payer au quotidien les conséquences. Grâce au tourisme, à des régimes fiscaux favorables aux riches étrangers et à un système de péréquation qui voit les grandes villes suisses équilibrer leurs budgets déficitaires, les Uri, Schwytz et Appenzell, sont clairement les bénéficiaires du dynamisme économique de la Suisse. Et pourtant, ce sont eux qui sont les plus sensibles aux fantasmes et autres discours apocalyptiques sur la migration de la droite conservatrice.

    Et au final, les grandes villes Suisses, leur ouverture  et leur dynamisme économique se sont fait battre ce dimanche, pour quelques milliers de voix.

    Il s’agira désormais de mieux accompagner l’ouverture mais aussi de faire comprendre à certaines régions qu’elles ne peuvent pas tuer la poule aux œufs d’or et vouloir continuer de vivre à ses dépends. Il faudra leur faire comprendre que la Suisse dont elles rêvent est un mirage dont la quête pourrait leur coûter très cher.

    Et pour la droite dite ouverte, libérale et responsable, il faudra tirer les enseignements de ce dimanche et admettre que l’ennemi de la croissance économique de la Suisse se trouve clairement à sa droite.

    Il est dès lors temps pour elle d'entrer en matière sur des concessions sociales et écologiques qui lui coûteront, au final, bien moins cher que les conséquences de l’enfermement défendu par ses alliés d’extrême droite.

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