Le blog de Nicolas Walder - Page 6

  • La démesure comme fonds de commerce

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    médias, buzz, politique, partis

    « L’important, c’est d’être cité dans les médias, que l’on parle de nous. » m’a récemment dit un élu carougeois avec enthousiasme.

     

    Travailler en commission sur les dossiers ? Ringard. Amener des propositions constructives ? Trop fastidieux. Penser à l’intérêt public ? Inutile.

     

    Car pour avoir son nom, voire sa photo, dans le journal, rien de mieux que l’excès. Et il ne faut pas hésiter à en rajouter. Les médias adorent.

    Et toujours se souvenir que ce n’est pas avec une proposition pragmatique, intelligente et réfléchie qu’on fait le buzz.

     

    C’est ainsi que nos politiciens carougeois, rêvant d’être au Conseil administratif à la place du Conseil administratif, n’hésitent désormais plus à s’inspirer d’un célèbre magistrat genevois passé maître dans l'art du coup médiatique. Lui, il ne construit pas un immeuble, il crée la plus grande tour de Suisse. Il n’organise pas un festival de musique, il accueille les Rolling Stones. Et tant pis si rien ne verra jamais le jour, l'annonce aura eu son effet et c'est ce qui compte.

     

    A Carouge, on réclame à grands cris la démission du Conseil administratif, on évoque une conspiration parce qu’un élu est retenu au Grand Conseil, on annonce une faillite de la commune en demandant une mise sous tutelle des autorités, on n’hésite pas à comparer le journal communal à la Pravda pour deux commentaires déplacés lus dans le dernier numéro. Et tant pis si cette évocation heurte la sensibilité des proches des millions de victimes de la dictature soviétique.

     

    La palme de l’excès doit toutefois être attribuée à la gazette du PLR « le Carougeois » qui, pour exprimer sa réprobation sur le travail des gardes frontières, n’a pas hésité à faire le parallèle avec les méthodes utilisées par les SS.

     

    Tout en finesse, respect et modération…

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  • Malgré les beaux discours…

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    Ecologie, environnement, politique, suisse

    Une récente étude menée par l’alliance environnement (ATE, WWF, Greenpeace et Pro Natura), révélée dans le journal de l’ATE de ce mois, pemet de clarifier le degré d’engagement écologique des principaux partis politiques suisses.

     

    Cet écorating basé sur les votes aux chambres fédérales confirme sans surprise que les Verts (97%) et les Verts libéraux (93%) votent massivement en faveur d’un environnement préservé et de qualité.

     

    Du côté de la gauche, les socialistes démontrent leurs engagements pris au sein de l’alternative avec un 97%, les plaçant à égalité avec les Verts en tête du palmares.

     

    Le problème pour l’environnement est que la droite majoritaire n’a toujours pas pris conscience de l’impératif écologique.

     

    Les 49% pour le PBD, 45% pour le PDC, 26% pour le PRD et même 9% pour l’UDC (sic) prouvent qu’en dépit des beaux sourires, l’écologie reste pour certains un concept encore très creux.

     

     

     

     

     

  • Sphère privée : le double discours

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    On a beaucoup parlé de sphère privée ces derniers temps.

     

    D’un côté, on nous annonce la prochaine installation de plusieurs caméras de surveillance au cœur de Genève. Après Carouge, le quartier des Pâquis va en effet se voir équipé de caméras.

    Avec une nouveauté de taille : le dispositif prévoit du personnel qui scrutera en direct les images retransmises sur les écrans. Permettant d’observer, jour après jour, les faits et gestes des habitants de ce quartier.

     

    Je ne reviendrai pas ici sur le coût très élevé de ce système qui nécessitera du personnel en nombre pour suivre les péripéties des Pâquisards en direct. Cela, contraintes budgétaires obligent, au détriment des patrouilles policière sur le terrain.

     

    Le rêve de Bentham devient réalité. Un panoptique élargi à tout un quartier, voire une ville. Observer sans être vu. Surveiller des populations entières sans se « salir » avec une présence sur le terrain.

     

    Et en 2013, les rares protestations face aux atteintes évidentes à la sphère privée sont immédiatement balayées.

    Car finalement, n’ont à craindre les caméras de surveillance que celles et ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Dès lors, les honnêtes citoyens et leurs biens peuvent se balader tranquiles.

     

    J’ai, je dois le dire, un peu de peine à accepter l’argument. Car il n’y a pas besoin de commettre un crime pour trouver désagréable la sensation d’être épié en permanence.

     

    Et surtout lorsque, quelques jours plus tard, j’entends les mêmes millieux pro-caméras protéger urbi et orbi la sphère privée. Car dès lors que l’on parle d’échange automatique de données bancaires, de transparence fiscale ou de financement des partis, l’argument cité plus haut disparaît comme par magie.

     

    Le secret sur ses impôts, ses revenus ou sa fortune serait-il plus important que celui lié à ses mouvements, ses occupations et ses relations ?

     

    Ou serait-ce une fois de plus la volonté de certaines élites privilégiées de contrôler les milieux populaires tout en s’octroyant, pour leur(s) compte(s), des largesses législatives ?

     

  • Les ainés ne représentent pas une catégorie homogène

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    blog_mars2013_e_image.jpg

    A l’heure où l’on entend des commentateurs parler au nom des trois millions de catoliques en Suisse, comme si ceux-ci constituaient un groupe compact aux aspirations convergentes, me revient la question de l’hétérogénéité identitaire de l’être humain.

     

    L’identité de chacun se construit sur différents critères - culturels, socioéconomiques ou biologiques - plus ou moins objectifs (communauté, classe sociale, cohorte, religion, physique, etc… ). L’importance de ceux-ci pour la personne concernée étant directement correllée au poids que la société leur attribue.

     

    C’est pourquoi, attribuer des désirs, besoins ou avis à un groupe d’individus en fonction d’un seul critère est non seulement idiot mais surtout dangereux. Car cette simplification extrême des individus entraine trop souvent une « naturalisation » de traits identitaires que les individus se sentent ensuite un devoir de développer sous peine d’exclusion.

     

    Prenons les personnes âgées. Combien de projections ne fait-on pas sur ce soi-disant groupe homogène ?

     

    L’idée même qu’arrivé au 4ème âge on souhaite se reposer et se retirer du brouhaha de la ville nous a conduit durant des décénies à construire la majorité des EMS hors des zones urbaines. Ces établissements sont presque tous munis de magnifiques balcons permettant aux résidants de profiter pleinement et tranquillement de leur temps libre. La réalité montre que les EMS en zone urbaine sont aujourd’hui les plus demandés. Quant aux balcons, ils sont surtout utilisés par les familles lors des visites, les résidants préférant eux en général passer leur temps libre dans le lobby en compagnie d’autres personnes.

     

    C’est dans la même vaine que certains groupes politques (dont un particulièrement) attribuent aux personnes âgées un amour imodéré des enfants. Sur le présupposé que le « vieux » est naturellement enclin à rechercher la compagnie d’enfants, ils n’hésitent pas à proposer l’utilisation bénévole de cette catégorie sociale pour la garde d’enfants. On aurait ainsi, avec eux, un réservoir géant de « familles de jour » low cost !!

     

    N’en déplaise à ces doux rêveurs, il y a de nombreux séniors qui n’apprécient pas vraiment la présence d’enfants, et surtout ceux des autres. Comme ils n’aiment pas forcément décorer des crèches de Noël ou tricoter.

     

    Notre société doit apprendre à intégrer la diversité des séniors dans nos institutions et processus. Car s’il y a bien des spécificités inérantes au vieillissement, la catégorisation doit s’arrêter là. Le reste n’est que fantasmes projetés.

     

     

     

     

     

     

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  • Les Verts sont plus que jamais nécessaires

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    verts,droite,parlement,environnement

    Depuis quelques années il est de bon ton de prétendre que les Verts n’ont plus d’utilité, les autres partis ayant intégré les concepts de développement durable dans leurs programmes.

    La réalité est malheureusement bien différente.

    Il y a d’abord de multiples raisons de voter écolo, en lien avec nos positions sociales et économiques que nous partageons en grande partie avec nos collègues de l’Alternative.

    Lorsque l’on voit les prises de position de la majorité de droite au Grand Conseil et au parlement fédéral, du PDC à l’UDC, on réalise vite que les nécessaires réformes du système économique ne viendront pas d’elle.

    Leurs oppositions acharnées à l’initiative Minder, au soutien par les plus fortunés à l’assurance chômage, à l’instauration d’un salaire minimum digne ou encore leur détermination à réduire comme peau de chagrin la solidarité fiscale en sont les dernières éclatantes démonstrations.

    Quant aux réformes sociétales telles que par exemple l’égalité hommes-femmes,  la reconnaissance du mariage gay ou encore la dépénalisation de certaines drogues, elles sont malheureusement toujours bloquées par les mêmes qui s’autoproclament défenseurs des libertés individuelles!!


    Dans le domaine de la protection de l’environnement et en dépit de réels progrès effectués dans le verbe, les engagements concrets restent proches du néant.

    Si après l’accident de Fukushima les partis ont tous intégré, par opportunisme, la sortie du nucléaire dans leurs programmes, ils n’hésitent déjà plus, moins de deux ans après, à remettre en question cette décision.

    Sous la pression du lobby nucléaire, le PLR et ses alliés rechignent désormais à honorer leur promesse. Même Doris Leuthard se refuse à fixer une date de sortie.

    Il en va de même pour les OGM. Sous la pression de grands groupes agroalimentaires, la droite parlementaire exige désormais de ne pas reconduire le moratoire au-delà de 2017, ouvrant la porte de notre agriculture à cette technologie des plus hasardeuses. Alors même que cela ne répond ni à une demande de nos paysans ni à un besoin pour les consommateurs.

    On pourrait encore citer l’opposition systématique de ces partis à la mobilité douce et aux transports publics depuis des décennies qui a amené Genève à être aujourd’hui la ville la plus motorisée de Suisse. Le blocage des zones piétonnes ou du projet de Vélibs en sont les derniers exemples.

     

    Alors en cette période de forte urbanisation portée par une croissance démographique et une pression opportuniste de certains lobbys, il est plus que jamais nécessaire de soutenir notre parti qui n’a eu de cesse, depuis 30 ans, de rappeler que la qualité de vie doit être au cœur de nos politiques.

     

     

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