Le blog de Nicolas Walder - Page 6

  • Les Vautours sont lâchés

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    La Cour des compte à rendu son rapport à Carouge sur la gestion des Ressources humaines.

    L'élément principal ressortant de ce rapport est le grave problème de gestion dans un des services et des éventuelles malversations qui y auraient être commises. J'utilise à dessein le conditionnel car ces éléments ont été transmis au ministère public. Charge à lui de faire toute la lumière sur les aspects pénaux. Charge à nous à la Mairie de faire toute la lumière sur les manquements en termes de management.

    Pourtant, à cette annonce et sans attendre d'éléments complémentaires, les vautours se sont lâchés. Non seulement ils condamnent d'ores et déjà les protagonistes mais surtout font preuve d'une amnésie des plus préoccupante.

    Amnésie d'abord de l'UDC Carouge qui s'insurge contre le fait que la Mairie n'ait pas pris de mesures contre ce service depuis leur dénonciation. Dois-je vraiment leur rappeler que leur lettre à la Cour des comptes accusait autant le Conseil administratif que le secrétaire général et le service RH de népotisme et de harcèlement à l'égard justement des employés et cadres de ce service? Ai-je besoin de rajouter que si nous avions lancé le moindre audit sur le service que cherchait à protéger l'UDC Carouge cela aurait été perçu comme une mesure de rétorsion et immédiatement dénoncé. Si bien que comme annoncé clairement au Conseil municipal à l'automne 2012, le Conseil administratif a choisi d'attendre les résultats de l'audit avant de prendre de mesures.

    Et les résultats de l'audit sont on ne peut plus clairs. Si aujourd'hui tant le Conseil administratif que le Secrétaire général et le service des Ressources humaines sont totalement blanchis de tout népotisme, le service présenté comme "victime" que cherchait à protéger la section UDC Carouge est sous enquête du ministère public.

    Amnésie aussi de certains membres du Conseil municipal qui ont totalement oublié qu'ils ont tout entrepris, depuis de nombreuses années, pour bloquer les réformes que ma collègue, Jeannine de Haller Kellerhals, a mises en place afin de doter Carouge d'un service RH efficace. Aujourd'hui ceux-là même qui dénigraient les "ronds de cuir" de l'administration, qui à les entendre ne servaient à rien, n'hésitent pas à nous accuser de ne pas avoir su accélérer l'application des réformes en matière de gestion des RH.

    Amnésie encore de ceux qui, depuis maintenant près de 2 ans m'attaquent sur la création du service de l'urbanisme jugé inutile. Non seulement ce service permet de gérer efficacement plus de 70 dossiers liés à l'aménagement de Carouge mais il a également consisté à intégrer en son sein la gestion des travaux (plusieurs millions de dépenses annuelles) jusque là assurée par le service aujourd'hui suspecté.

    Enfin amnésie de tous ceux qui, années après années, élevaient la gestion "à la Carougeoise" , soit "entre copains", au rang de solution aux problèmes budgétaires. C'est ainsi qu'ils n'ont cessé de tirer à boulets rouges sur les services à leurs yeux "pléthoriques" tels que les RH face à ceux du terrain telle la voirie qui fonctionnaient très bien avant que ces bureaucrate ne viennent les contrôler. Les arguments avancés durant la récente campagne sur le budget sont à cet égard très éloquents.  

    Aujourd'hui, ces réformes que nous avons, malgré les attaques, pu mettre en place, ont malgré tout permis de limiter les conséquences pour la ville de Carouge d'éventuels manquements dans le service en cause.

    Mais le pire, et c'est là que se justifie pleinement le nom de "vautour", c'est que l'UDC carougeoise, comme d'autres d'ailleurs, qui ont depuis des années encensé et d'une certaine façon protégé les cadres aujourd'hui sous enquête, n'ont pas hésité dès l'annonce de l'enquête à les lâcher et les clouer au pilori.

    Ils ont en quelques heures retourné leur veste jusqu'à faire fi de la présomption d'innocence de ces collaborateurs et exiger leur licenciement. Quitte à ruiner leur honneur, leur vie de famille, leur dignité. Mais ça, en comparaison des ambitions démesurées de certains, ne fait bien sûr pas le poids.

    Une chose est sûre, avec des amis comme eux, nul besoin d'ennemis!!

    Mais les vautours risquent de bientôt déchanter car l'enquête en cours tout comme l'audit interne lancé par la mairie vont je l'espère nous permettre de faire toute la lumière sur les responsabilité de chacun dans ce dossier et, comme l'histoire nous l’enseigne, ceux qui crient le plus fort ne sont pas toujours les plus innocents!!

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  • Le Tibet, plus qu’une cause morale

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    Suisse, 1er août,

    Cette année, j’ai souhaité accueillir le Tibet comme invité d’honneur à Carouge pour les festivités du 1er août.

    Il m’a semblé en effet qu’il n’y avait pas de plus belle manière de marquer notre fête nationale et de célébrer ce pays, la Suisse, qui continue de nous octroyer autant de libertés.

     

    J’ai évoqué les valeurs de respect de la diversité et de tolérance qui ont marqué la construction de notre pays tout comme l’histoire de Carouge. J’ai rappelé le combat de nos ancètres qui se sont battus pour poser les bases d’un pays inclusif et non exclusif.

     

    Et heureusement qu’il en fut ainsi car si les Waldstätten avaient imposé à l’époque une langue, une religion ou une culture, jamais les genevois n’auraient pu rejoindre la confédération helvétique, il y a maintenant bientôt 200 ans.

    Mais si la question du Tibet et du respect la diversité en Chine m’a semblé importante, c’est que la démocratie est au cœur de nos valeurs. Et si une seule devait être défendue, ça deverait être celle-là.

    D’autant plus que la question tibétaine dépasse largement les questions de respect des droits de l’homme et de défence de leur droit à participer pleinement au devenir de leur région. C’est en effet aussi notre avenir qui est en jeu.

    Car la Chine n’est pas un pays comme les autres. Elle est en passe de devenir la 1ère puissance économique au monde. Dès lors, elle ne tardera pas à devenir aussi la 1ère puissance politique et militaire. Et donc, qu’on le veuille ou non, c’est elle qui fixera les règles. En tous les cas, elle les orientera largement.

    Ces règles, économiques mais aussi écologiques et sociales, ne manqueront pas d’affecter notre pays. Car sous l’égide de la nécessité d’être concurentiels, nous  nivellerons rapidement nos lois sur celles de cette future 1ère puissance mondiale.

    Comprenez-moi bien, je n’ai aucun problème à ce que nous soyons influancés par ce grand et beau pays qu’est la Chine. Surtout que son histoire et sa grande culture pourraient nous changer avantageusement de l’ère du Big mac.

    Mais ce qui m’inquiète, c’est de voir notre planète dominée par une dictature et donc une brochette de dirigeants sans aucune légitimité en position d’imposer leur position au reste du monde.

    Et au vu de la couardise de nos gouvernements face à la Chine déjà aujourd’hui, on peut difficilement imaginer que des mesures fortes soient prises à l’avenir par la communauté internationale afin d’orienter différement la politique chinoise.

    Dès lors, en l’absence d’actions fortes de nos gouvernements, il appartient à la société civile, aux institutions locales et aux simples citoyens de se mobiliser pour rappeler que s’ils sont prêts à accepter la domination chinoise, celle-ci doit impérativement s’accompagner de valeurs morales. De rappeler que nous ne sommes pas prêts à abandonner tout ce pour quoi nous nous sommes battus durant des siècles et qui fait notre fièrté : la démocratie, le respect du citoyen, des droits de l’homme et de la diversité.

    La Chine doit comprendre que si elle veut étendre son empire, elle va devoir devenir une force morale. Elle va devoir nous donner envie de la suivre. Et pour l’instant, le sort réservé aux tibétains ne nous donne rien d’autre que des frissons.

  • La démesure comme fonds de commerce

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    médias, buzz, politique, partis

    « L’important, c’est d’être cité dans les médias, que l’on parle de nous. » m’a récemment dit un élu carougeois avec enthousiasme.

     

    Travailler en commission sur les dossiers ? Ringard. Amener des propositions constructives ? Trop fastidieux. Penser à l’intérêt public ? Inutile.

     

    Car pour avoir son nom, voire sa photo, dans le journal, rien de mieux que l’excès. Et il ne faut pas hésiter à en rajouter. Les médias adorent.

    Et toujours se souvenir que ce n’est pas avec une proposition pragmatique, intelligente et réfléchie qu’on fait le buzz.

     

    C’est ainsi que nos politiciens carougeois, rêvant d’être au Conseil administratif à la place du Conseil administratif, n’hésitent désormais plus à s’inspirer d’un célèbre magistrat genevois passé maître dans l'art du coup médiatique. Lui, il ne construit pas un immeuble, il crée la plus grande tour de Suisse. Il n’organise pas un festival de musique, il accueille les Rolling Stones. Et tant pis si rien ne verra jamais le jour, l'annonce aura eu son effet et c'est ce qui compte.

     

    A Carouge, on réclame à grands cris la démission du Conseil administratif, on évoque une conspiration parce qu’un élu est retenu au Grand Conseil, on annonce une faillite de la commune en demandant une mise sous tutelle des autorités, on n’hésite pas à comparer le journal communal à la Pravda pour deux commentaires déplacés lus dans le dernier numéro. Et tant pis si cette évocation heurte la sensibilité des proches des millions de victimes de la dictature soviétique.

     

    La palme de l’excès doit toutefois être attribuée à la gazette du PLR « le Carougeois » qui, pour exprimer sa réprobation sur le travail des gardes frontières, n’a pas hésité à faire le parallèle avec les méthodes utilisées par les SS.

     

    Tout en finesse, respect et modération…

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  • Malgré les beaux discours…

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    Ecologie, environnement, politique, suisse

    Une récente étude menée par l’alliance environnement (ATE, WWF, Greenpeace et Pro Natura), révélée dans le journal de l’ATE de ce mois, pemet de clarifier le degré d’engagement écologique des principaux partis politiques suisses.

     

    Cet écorating basé sur les votes aux chambres fédérales confirme sans surprise que les Verts (97%) et les Verts libéraux (93%) votent massivement en faveur d’un environnement préservé et de qualité.

     

    Du côté de la gauche, les socialistes démontrent leurs engagements pris au sein de l’alternative avec un 97%, les plaçant à égalité avec les Verts en tête du palmares.

     

    Le problème pour l’environnement est que la droite majoritaire n’a toujours pas pris conscience de l’impératif écologique.

     

    Les 49% pour le PBD, 45% pour le PDC, 26% pour le PRD et même 9% pour l’UDC (sic) prouvent qu’en dépit des beaux sourires, l’écologie reste pour certains un concept encore très creux.

     

     

     

     

     

  • Sphère privée : le double discours

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    On a beaucoup parlé de sphère privée ces derniers temps.

     

    D’un côté, on nous annonce la prochaine installation de plusieurs caméras de surveillance au cœur de Genève. Après Carouge, le quartier des Pâquis va en effet se voir équipé de caméras.

    Avec une nouveauté de taille : le dispositif prévoit du personnel qui scrutera en direct les images retransmises sur les écrans. Permettant d’observer, jour après jour, les faits et gestes des habitants de ce quartier.

     

    Je ne reviendrai pas ici sur le coût très élevé de ce système qui nécessitera du personnel en nombre pour suivre les péripéties des Pâquisards en direct. Cela, contraintes budgétaires obligent, au détriment des patrouilles policière sur le terrain.

     

    Le rêve de Bentham devient réalité. Un panoptique élargi à tout un quartier, voire une ville. Observer sans être vu. Surveiller des populations entières sans se « salir » avec une présence sur le terrain.

     

    Et en 2013, les rares protestations face aux atteintes évidentes à la sphère privée sont immédiatement balayées.

    Car finalement, n’ont à craindre les caméras de surveillance que celles et ceux qui ont quelque chose à se reprocher. Dès lors, les honnêtes citoyens et leurs biens peuvent se balader tranquiles.

     

    J’ai, je dois le dire, un peu de peine à accepter l’argument. Car il n’y a pas besoin de commettre un crime pour trouver désagréable la sensation d’être épié en permanence.

     

    Et surtout lorsque, quelques jours plus tard, j’entends les mêmes millieux pro-caméras protéger urbi et orbi la sphère privée. Car dès lors que l’on parle d’échange automatique de données bancaires, de transparence fiscale ou de financement des partis, l’argument cité plus haut disparaît comme par magie.

     

    Le secret sur ses impôts, ses revenus ou sa fortune serait-il plus important que celui lié à ses mouvements, ses occupations et ses relations ?

     

    Ou serait-ce une fois de plus la volonté de certaines élites privilégiées de contrôler les milieux populaires tout en s’octroyant, pour leur(s) compte(s), des largesses législatives ?