Le blog de Nicolas Walder - Page 7

  • Situation économique, attention à la prédiction créatrice

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    Si la Grèce est proche de la faillite et plusieurs pays d’Europe traversent une grave crise, la situation en Suisse reste heureusement globalement satisfaisante. A Genève, on vit certes un ralentissement économique mais notre situation est sans commune mesure avec les pays en crise.

    Et pourtant les représentants de la droite carougeoise n’hésitent pas à peindre la situation économique comme dramatique, voire désespérée.

    Hier encore, ils ont redoublé d’inventivité pour nous annoncer la fin proche de la cité sarde si le budget présenté était voté. Population étouffée par la crise, commerçants en faillite, entreprises aux abois, tout y est passé.

    Cette dramaturgie tend en premier lieu à faire sourire. En effet, la droite qui se bat depuis des décennies contre un contrôle des loyers ou des primes maladies voudrait nous faire croire qu’elle s’inquiète désormais du porte monnaie des citoyens de condition modeste.

    D’autre part, si à Carouge ils s’alarment de l’effet de quelques francs d’impôts supplémentaires sur le porte-monnaie des ménages, ils n’ont pas pipé mot sur la proposition du PLR cantonal d’augmenter linéairement de près de 350.-sfr les impôts de tous les citoyens (y compris les carougeois), quels que soient leurs revenus.

    Une droite avec le PDC en tête qui n’a pas non plus hésité a appeler de ses vœux la prochaine réforme de la fiscalité des entreprises qui pourrait faire perdre pas loin de 20 millions à Carouge. Que les citoyens soient appelés à passer à la caisse pour compenser ces pertes n’émeut pas outre mesure ses représentants qui se battent depuis des années pour offrir des allégements fiscaux à quelques privilégiés.

    Mais en dehors de ces considérations politiques, la stratégie visant à dramatiser outrancièrement la situation comporte des risques très sérieux. Car si l’économie Suisse est en grande partie basée sur les exportations, la consommation intérieure reste primordiale pour de nombreuses PME.

    Alors à force de nous dire que ça va mal et que la situation est désespérée, il ne serait pas étonnant que les citoyens décident de réduire leurs dépenses entrainant cette fois vraiment la Suisse dans une crise économique.

    C’est ce qui s’appelle la prédiction créatrice…

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  • Le vélo en libre service: pourquoi tant de haine ?

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    Bientôt dix ans de réflexion et de travail. Dix ans que la ville de Genève puis le canton et les Transports publics travaillent à mettre sur pied un projet de vélos en libre service. Dix ans que des élus, verts, socialistes, PDC ou PLR demandent que Genève se dote de ce système qui représente un atout tant pour la mobilité des habitants que pour celle des touristes.

    Alors que toutes les villes, les unes après les autres, intègrent ce système dans leur réseau de transport public, notre Grand Conseil continue de pinailler pour …700'000.- sfr.

    Et pourtant, grâce à Mme Künzler qui s’est engagée pleinement dans ce projet, une vision cantonale a été développée. Car contrairement à ce que clament leurs opposants, l’option communale pure n’est pas souhaitable. Il est en effet nécessaire que le système soit identique sur l’ensemble du territoire et géré de manière coordonnée.

    D’autre part, et c’est là le grand avantage du projet genevois, il est facteur d'insertion sociale et a été pensé en cohérence complète avec le réseau de transports publics. Les stations sont situées à proximité des arrêts de bus favorisant d’autant la complémentarité.

    Quant au coût, si l’investissement est à la charge des communes, le fonctionnement est partagé à parts égales entre les communes, les TpG et le canton, soit 700'000.-sfr la part. Juste pour rappel, ce montant qui pourrait faire capoter un tel projet d'importance cantonale correspond à la création de … 11 places souterraines de parking !!

    Ces attaques de la droite et en particulier du PLR cantonal sont d’autant plus incompréhensibles que leurs élus en ville de Genève ont jusqu'ici fortement soutenu ce projet.

    Tout autant ahurissante est la position de la droite carougeoise opposée au projet dont certains élus sont également députés. Ceux-ci ne peuvent ignorer que s’ils votent contre la participation du canton, la totalité du financement incombera aux communes.

    Car il est hautement probable que la ville de Genève installe quoi qu'il arrive le réseau vls sur son territoire. Ainsi, Carouge n’aura d’autre choix que de payer l’entier de la facture ou alors rester sur le carreau, privant la population de ce système et péjorant du même coup son accessibilité pour les touristes.

    Mais à Carouge comme à la rue de l'Hôtel-de-Ville, certains élus, aveuglés par les prochaines échéances électorales, n’hésitent plus à faire passer l’intérêt général au second plan.

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  • Budget 2013 : être responsable et assumer ses choix

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    Cette année, le canton, la ville ainsi que certaines communes devront procéder à des choix budgétaires difficiles en raison d’une compression annoncée de leurs recettes.

     

     

    Pour les communes, il s’agit en particulier de celles, comme Carouge, qui bénéficient de la présence d’institutions bancaires sur leur territoire. Ce secteur traversant quelques turbulences cette année, les prévisions 2013 ne sont pas excellentes.

     

    Dans cette situtation, les remèdes diffèrent peu: optimiser les recettes et/ou comprimer les dépenses. Les exécutifs, de droite comme de gauche, présentent en ce moment des budgets qu’ils considèrent comme les plus adaptés pour faire face à cette situation sans péjorer encore plus la conjoncture économique et les conditions de vie des habitants.

     

    Si les exécutifs doivent soumettre un budget, on est en droit d’attendre des élus municipaux et des députés, tous partis confondus, d’étudier le contenu du budget présenté avant de prendre position. Libre à eux ensuite de proposer des modifications en fonction de leurs souhaits.

     

    Qu’ils s’opposent au budget si leurs propositions se voient refusées par l’hémicycle, je le comprends parfaitement. Mais qu’ils refusent l’entrée en matière (Grand Conseil...alors que la droite est doublement majoritaire) ou annoncent le référendum avant même d’avoir eu connaissance des détails du budget (Carouge), ce n’est pas très glorieux, ni sérieux. D’autant plus pour des partis (PLR et PDC) qui se disent responsables et pragmatiques.

     

    A Carouge, j’ose encore espérer qu’ils sauront agir comme des élus et non de simples militants et annoncer clairement quelles prestations ils proposent de couper pour compenser les baisses de recettes qu’ils recommandent.

     

    A moins bien sûr qu’ils n'osent pas assumer leurs choix et préfèrent l’option de facilité visant à faire croire à la population qu’on peut améliorer les prestations publiques (sécurité, soutien familles, sport, culture,…) tout en réduisant les impôts.

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  • Qualité de vie et urbanisme: un parc au cœur du PAV

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    L’inauguration la semaine passée du Pont Hans Wilsdorf est venue à point nommé pour rappeler que si le développement de notre ville est nécessaire, il est possible de le faire sans renier sur la qualité.

     

    Cela tombe à pic car après plusieurs années durant lesquelles le seul critère prévalant était la quantité de m2 construits, on sent que l’Etat abandonne progressivement cette politique jusqu’auboutiste. L’annonce qu’ils étudient sérieusement la création d’un parc dans le périmètre du PAV (Praille Acacias Vernets) semble le confirmer.

     

    L’exigence de notre association (la communauté des communes urbaines) regroupant les magistrats des villes de Carouge, Genève et Lancy dans le périmètre du PAV est simple. Oui au développement. Oui à la construction prioritaire de logements. Mais à la condition de prévoir dès aujourd’hui des équipements et espaces publics offrant une vie de qualité aux habitants.

     

    Outre les crèches, écoles, espaces culturels et sportifs, l’exigence d’un parc relève d’une constatation simple. Au-delà d’une certaine densité, la cohabitation entre les habitants devient de plus en plus problématique.

    Ces problèmes ne se cristalisent généralement qu’après quelques années, avec le vieillissement des locataires. D’un côté, les enfants devenus adolescents sont plus bruyants et, de l’autre, les jeunes ou moins jeunes retraités réclament le droit de profiter d’un repos bien mérité.

     

    Si un parc au cœur d’un quartier urbain vise en premier lieu à offrir un espace d’évasion aux habitants (qui n’ont pas tous la chance d’avoir une résidence secondaire en montagne), il s’agit également de proposer un lieu d’activités suffisement éloigné des fenêtre des habitants.

     

    Quant au coût, il est vrai qu’un parc représente une « perte d’oportunité » en ce sens qu’il empêche certaines réalisations immobilières. Toutefois, pour la collectivité et sur le long terme, un parc représente des économies non négligeables.

    Améliorer la cohabitation entre habitants, c’est aussi limiter le recours ultérieur à des mesures de sécurité pour gérer les plaintes autour immeubles. Sans parler des économies en matière de santé pour les habitants qui n’ont pas à vivre en conflit permanent avec leurs voisins.

     

    Mais pour une commune, c’est surtout la possibilité d’offrir des activités aux citoyens (pique-nique, promenade, jogging, jardinage, …) à moindre frais.

    Le recours à d’autres activités organisées ou soutenues par la commune pour occuper et divertir la population est bien plus onéreux.

     

    Dès lors, je suis particulièrement heureux de voir que le nouveau département de l’urbanisme semble acquis à l’idée qu’un grand parc au cœur du PAV est une idée bien plus raisonable qu’il n’y paraît.

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  • La Suisse pourrait reprendre la main

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    Il y a 10 jours, je commentais les récentes attaques de la France et des Etats Unis sur la place financière Suisse. Entre-temps, l’Allemagne est revenue sur le devant de la scène avec l’achat par des Länder de données sur les clients de banques en Suisse et l’échec programmé de l’accord dit « rubik » devant le Bundesrat.

    L’intérêt de cette semaine ce ne fut pas vraiment ces attaques qui deviennent répétitives mais bien les arguments des milieux financiers, médiatiques et politques Suisses.


    D’une façon générale, les analystes s’offusquent de ces attaques et souvent parlent d’une nécessaire « résistance ». Il ne faudrait surtout pas plier devant ces charges sournoises venant de l’étranger !!

    Car il ne s’agirait ici que d’une attaque contre la place financière Suisse sans aucun fondement. Et puis, même si la Suisse n’est pas parfaite, il y aurait bien pire ailleurs (Delawaere, Luxembourg et même Londres).

    Entre-temps, les banques elles-mêmes clament urbi et orbi que le système suisse ne favorise pas l’évasion fiscale. Mieux encore, elles précisent être engagées dans le combat contre l’évasion fiscale.

    Mais alors, si tout les suisses sont unis contre l’évasion fiscale, pourquoi s’accrocher au secret bancaire? Y aurait-il une autre raison qui m’échappe à posséder un compte à numéro et à refuser l’idée même de transmission automatique de données aux instances fiscales des pays concernés?

    Si une chose est sûre, c’est que la position du Conseil fédéral qui consiste à plier petit à petit en pleurnichant n’est pas très efficace. Non seulement elle nous mène tout droit à la « rédition » mais elle ne nous permettra même pas d’aborder la vraie question: comment instaurer une certaine justice fiscale ?

    Ironiquement, cette situation très périlleuse pourrait s’avérer être une chance unique pour la Suisse de reprendre la main sur ce dossier.

    Forte des arguments clés des opposants à la « rédition », soit qu’elle lutte déjà contre l’évasion et que d’autres font pire, elle pourrait proposer l’organisation d’une grande négociation internationale sur le secret bancaire, l’évasion fiscale et les paradis fiscaux.

    A cette occasion, elle pourrait annoncer qu’elle est prête à terme à renoncer au secret bancaire et à collaborer entièrement avec les justices respectives des états en question mais à la seule condition que ces règles soient appliquées internationalement et que soit abordé la question des abus en matière de fiscalité offerts par les dits « paradis fiscaux ».

    Ainsi la Suisse non seulement gagnerait en crédibilité lorsqu’elle clame son innocence en matière d’évasion fiscale, mais elle obligerait du même coup les autres à nettoyer devant leur porte.

    Sans oublier qu’elle s’offrirait ainsi un rôle clé et précurseur avec l’ouverture d’un chantier qui, sans conteste, sera celui du XXIème siècle dans une perspective de réhabilitation des Etats démocratiques.