Le blog de Nicolas Walder - Page 8

  • Fiscalité : une remise en question inéluctable

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    Nous venons de vivre ces jours deux nouveaux épisodes sur le front de la fiscalité.

     

    D’un coté la France qui veut dénoncer l’accord sur les successions. Celui-ci, qui s’apprête à souffler ses 60 bougies, prévoit que les héritiers sont imposés au lieu de domicile du défunt et non dans leur pays de résidence.

     

    Sortant de leur torpeur estivale, les porte-parole des milieux financiers crient au scandale. Un texte international, même vieux de bientôt 60 ans, ne devrait pas être remis en question, surtout si celui-ci favorise l’évasion fiscale.

    Car il ne faut pas être dupe, si la révision de ce texte est contesté par les avocats des exilés fiscaux, c’est bien parce que cela rendrait l’exil bien moins avantageux. Quitter son pays pour soustraire ses héritiers au payement de leurs impôts semble à ce point répandu que certains n’hésitent pas à parler de « désastre économique pour Genève » si le lieu d’imposition venait à changer.

     

    Et de l’autre côté, les attaques contre le secret bancaire qui continuent. Certaines en provenance des pays du Sud sont quasi-indolores mais lorsqu’elles viennent des Etats-Unis, ça fait mal. Surtout qu’ils n’hésitent pas à s’en prendre aux gestionaires de fortune et leurs familles.

    Mais même si ça peut parraitre choquant au premier abord, il est important de remettre cette pratique dans son contexte.

     

    Les activités de gestion de fortune incluent dans la plupart des cas un volet « évasion fiscale ». Sous couvert d’optimisation du capital, il est souvent proposé aux clients des placements plus ou moins légaux réduisant autant que faire se peut leurs contributions à leur pays.

    Les gestionnaires le savent bien, eux qui, normalement, voyagent sans aucun document sur leurs clients. Ils doivent souvent faire preuve de grande ingéniosité afin de rencontrer leurs clients avec toutes les informations nécessaires sans courir le risque de transporter de documents compromettants.

     

    Si le gestionnaire de fortune n’est bien entendu pas responsable du choix d’un client de se soustraire au fisc, il devient au minimum complice lorsqu’il permet, voire incite, l’évasion.

     

    Outre la question de savoir qui des employés, des institutions bancaires ou de l’Etat sont responsables, ces deux événements montrent une chose: l’étau se resserre indubitablement sur certaines pratiques financières. Et en priorité sur celles qui, d’une manière ou d’une autre, dépouillent les Etats de leurs ressources et donc la démocratie de ses moyens.

     

    Les gouvernements n’ont plus le choix. Il s’agit de leur survie. Et ne survivront que ceux d’entre eux qui arriveront à s’affranchir des lobbys des milieux financiers. N’en déplaise à certains avocats fiscalistes genevois.

  • Les rues piétonnes, une bonne façon de lutter contre la sédentarité

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    blog_juillet2012b_photo2.jpgLa sédentarité serait responsable d’au moins un décès sur dix. Les maladies pulmonaires sont en pleine augmentation tout comme les affections liées au bruit. Enfin, on dénombre quotidiennement des accidents aux conséquences dramatiques sur les routes de notre pays.

    Et pendant ce temps, les coûts de la santé ne cessent de croitre rendant le payement des primes de plus en plus aléatoire pour de nombreuses familles.

    Malgré la gravité de cette situation, il n’est toujours pas question, dans le débat genevois, de prendre des mesures fortes. Donner une vraie priorité aux transports publics en fermant certains tronçons aux voitures, rendre les quais et les centres historiques aux piétons, limiter l’entrée des véhicules motorisés pendulaires dans le cœur de la cité ou, comme cela existait il y encore une trentaine d’année, réintroduire des « journées sans voitures »

    Non, il ne s’agit pas aujourd’hui de prendre de telles mesures mais simplement de fermer quelques rues afin de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de déambuler tranquillement et à inciter les autres à redécouvrir la vie hors de leur véhicule.

    Et bien, en dépit de l’urgence de promouvoir fermement des modes doux de transport et malgré la modestie de ces projets de piétonnisation, certains citoyens et institutions soutenus allègrement par les partis politiques de droite (à l’exception notable du PDC en ville de Genève), continuent à s’y opposer par tous les moyens.

    Si à Carouge la réalisation de deux petites rues piétonnes dans le centre historique est suspendue à un recours des opposants, en Ville de Genève c’est la population qui aura le dernier mot le 23 septembre suite au référendum lancé par la droite contre la piétonisation de 50 rues.

    Devant l’urgence de la situation, il faut faire des choix. Croire et faire croire que l’on peut continuer à privilégier la voiture tout en préservant la santé et la qualité de vie des habitants est un leurre.

    C’est pourquoi je ne peux qu’appeler les habitants de la Ville de Genève à se rendre aux urnes pour soutenir massivement la création de ces 50 rues piétonnes.

  • Une collaboration plus efficace entre canton et communes

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    L’Etat de Genève entre dans une période de turbulence en matière de recettes fiscales. Si la majorité du Grand Conseil persiste dans sa volonté de ne pas relever les impôts, il n’y aura d’autre solution que de réduire les prestations.

    Ce sujet étant hautement politique et les députés n’ayant jamais été très enclins à effectuer des choix clairs (et de les assumer auprès de la population), la tentation sera forte une fois de plus pour l’Etat de chercher à « transférer » des charges aux communes.

    A elles, ensuite, de porter la responsabilité d’augmener les impôts ou de baisser leurs propres prestations pour y faire face.

    Outre que cette manière de collaborer est irespectueuse et pas très courageuse, elle est également complètement innefficace.

    Car cette dynamique de « sous-traitance des coûts » ne fait que transférer les charges et non les réduires. Dès lors, pour le citoyen lambda, pour qui la gueguerre entre le canton et la ville est à des années lumières de ses préocupations quotidiennes, il s’agit d’un jeu à somme nulle.

    L’intérêt collectif voudrait au contraire que l’Etat et les communes s’engagent dans une vraie collaboration. Une collaboration où chacun assume des charges mais également des responsabilités.

    J’aimerais suggérer à l’Etat, s’il entend véritablement réduire ses dépenses, qu’il commence par transférer aux communes des responsabilités claires en matière de proximité, et particulièrement dans les domaines liés à la sécurité, la mobilité, ou encore, dans une certaine mesure, l’aménagement.

    A l’Etat de poser le cadre et de développer les règlements d’application. Aux communes de réaliser, à l’intérieur de ce cadre, ce qui relève de la proximité.

    Plus besoin dès lors d’innombrables études et autres bilans avant de pouvoir ajouter un passage piétons ou une place livraison sur une route communale. Poser un abribus, un miroir à la sortie d’un parking ou dessiner un sigle devant une école pour que les automobilistes ralentissent sont des actes qui ne devraient pas nécessiter l’implication directe de l’Etat.

    Qu’ils relèvent d’une réglementation stricte assortie de contrôles réguliers certe, mais que chacun de ces actes soit soumis à une autorisation très coûteuse de l’Etat est contreproductive.

    Car non seulement cela consomme une bonne partie des ressources de l’administration cantonale qui n’arrive plus à assumer ses vraies tâches, soit les projets d’intérêt cantonal, mais cela décrédibilise les autorités locales qui peinent à expliquer à leur population qu’il faut de long mois (dans le meilleur des cas !!) pour poser un petit abri vélos ou créer une place de parking « handicapés ».

    Si l’Etat entend durablement réduire ses coûts en tablant sur une meilleure gestion, qu’il commence par accepter qu’il ne peut plus être omnipotent. Qu’il accepte enfin de partager la gestion de la cité avec les communes pour le bien de tous.

  • Tambourine : les propos dérangeants de plusieurs députés

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    Ce soir, les députés ont majoritairement adopté un projet de loi accordant un crédit pour la construction de la nouvelle HEG sur le périmètre de Batelle. Malgré les oppositions des Verts, de l'UDC et de la majorité des socialistes, ce projet de loi a été adopté, et ce en dépit des demandes répétées de l'association des habitants et du Conseil municipal de Carouge, tous partis confondus.

    Comme l'ont répété en coeur les députés Weiss, Meytan, Hohl, Stauffer ou encore le Conseiller d'Etat Mueller, la formation de nos jeunes et la compétitivité de Genève en matière de hautes écoles sont autrement plus importantes qu'un petit groupe de "privilégiés" qui ne pensent qu'à "protéger leur jardin".

    Le plus choquant ce soir ce n'est pas le résultat du vote qui, malgré tout, était prévisible. Ce sont plutôt les propos tenus par les remprésentants du PLR, du PDC et du MCG qui m'ont interpellé. Ces élus ont en coeur fait passer les habitants de la Tambourine pour des nantis égoïstes et accusé les représentants des autorités carougeoises d'avoir réagit uniquement dans une perspective électoraliste. Comme si seuls les élus cantonaux avaient la hauteur de vue et d'esprit leur permettant d'évaluer l'intérêt collectif.

    Messieurs les députés, vous pouvez voter ce que bon vous semble, c'est votre droit. Toutefois vous devriez vous souvenir qu'une démocratie a besoin de participation et de proximité pour vivre. Ce n'est pas en décriant les autorités locales et les habitants qui s'engagent pour leur quartier que vous améliorerez la cohésion sociale. Et ce n'est pas non plus comme cela que vous accélérerez la réalisation des projets de construction à Genève.

     

     

     

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  • Emplois : la préférence aux chômeurs

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    Nous avons à Carouge voté une motion des Verts il y a déjà 6 mois demandant des mesures concrètes en faveur des chômeurs de longue durée (emploi prioritaire dans l'administration, mise en relation avec les entreprises, soutien individualisé complémentaire à l'OCE, Incitation auprès des entreprises pour leur engagement, ...).

    Nous n'avons pas hésité à ce que cette motion privilégie les habitants de Genève, voire de Carouge. Pour moi, ceci n'est pas contraire à l'esprit d'ouverture et de tolérence auquel j'aspire. Tout d'abord parce que nous ne pointons personne du doigt. En donnant une priorité géographique, nous n'accusons pas comme certains les frontaliers ou les étrangers. Nous savons pertinement que de nombreux étrangers vivent à Genève alors que des genevois vivent en France.  Sans parler des pendulaires vaudois, neuchâtelois voire même valaisans. Ensuite il ne s'agit pas de privilégier un groupe de gens mais bien de réparer un domage collatéral de nos choix économiques, soit l'exclusion.

    Non, l'idée n'est pas de discriminer mais de donner une priorité claire à une catégorie de la population genevoise qui souffre d'une exclusion injuste. Je suis persuadé que sans remettre en cause les accords de libre échange avec l'Europe et tout en restant ouvert vers le reste du monde, il est possible, à travers ce type de mesures, de réduire notre taux d'exclus de l'emploi qui reste beaucoup trop élevé.

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