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  • Le Tibet, plus qu’une cause morale

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    Suisse, 1er août,

    Cette année, j’ai souhaité accueillir le Tibet comme invité d’honneur à Carouge pour les festivités du 1er août.

    Il m’a semblé en effet qu’il n’y avait pas de plus belle manière de marquer notre fête nationale et de célébrer ce pays, la Suisse, qui continue de nous octroyer autant de libertés.

     

    J’ai évoqué les valeurs de respect de la diversité et de tolérance qui ont marqué la construction de notre pays tout comme l’histoire de Carouge. J’ai rappelé le combat de nos ancètres qui se sont battus pour poser les bases d’un pays inclusif et non exclusif.

     

    Et heureusement qu’il en fut ainsi car si les Waldstätten avaient imposé à l’époque une langue, une religion ou une culture, jamais les genevois n’auraient pu rejoindre la confédération helvétique, il y a maintenant bientôt 200 ans.

    Mais si la question du Tibet et du respect la diversité en Chine m’a semblé importante, c’est que la démocratie est au cœur de nos valeurs. Et si une seule devait être défendue, ça deverait être celle-là.

    D’autant plus que la question tibétaine dépasse largement les questions de respect des droits de l’homme et de défence de leur droit à participer pleinement au devenir de leur région. C’est en effet aussi notre avenir qui est en jeu.

    Car la Chine n’est pas un pays comme les autres. Elle est en passe de devenir la 1ère puissance économique au monde. Dès lors, elle ne tardera pas à devenir aussi la 1ère puissance politique et militaire. Et donc, qu’on le veuille ou non, c’est elle qui fixera les règles. En tous les cas, elle les orientera largement.

    Ces règles, économiques mais aussi écologiques et sociales, ne manqueront pas d’affecter notre pays. Car sous l’égide de la nécessité d’être concurentiels, nous  nivellerons rapidement nos lois sur celles de cette future 1ère puissance mondiale.

    Comprenez-moi bien, je n’ai aucun problème à ce que nous soyons influancés par ce grand et beau pays qu’est la Chine. Surtout que son histoire et sa grande culture pourraient nous changer avantageusement de l’ère du Big mac.

    Mais ce qui m’inquiète, c’est de voir notre planète dominée par une dictature et donc une brochette de dirigeants sans aucune légitimité en position d’imposer leur position au reste du monde.

    Et au vu de la couardise de nos gouvernements face à la Chine déjà aujourd’hui, on peut difficilement imaginer que des mesures fortes soient prises à l’avenir par la communauté internationale afin d’orienter différement la politique chinoise.

    Dès lors, en l’absence d’actions fortes de nos gouvernements, il appartient à la société civile, aux institutions locales et aux simples citoyens de se mobiliser pour rappeler que s’ils sont prêts à accepter la domination chinoise, celle-ci doit impérativement s’accompagner de valeurs morales. De rappeler que nous ne sommes pas prêts à abandonner tout ce pour quoi nous nous sommes battus durant des siècles et qui fait notre fièrté : la démocratie, le respect du citoyen, des droits de l’homme et de la diversité.

    La Chine doit comprendre que si elle veut étendre son empire, elle va devoir devenir une force morale. Elle va devoir nous donner envie de la suivre. Et pour l’instant, le sort réservé aux tibétains ne nous donne rien d’autre que des frissons.