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  • Des mesures d'un autre temps...

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    Le soutien au mouvement social dans la fonction publique s’impose car les mesures d’économies, annoncées par le Conseil d’Etat, sont non seulement incohérentes et contre-productives mais surtout contraires à une vision progressiste de notre société et de son évolution.

    En prévoyant notamment une augmentation du temps de travail des fonctionnaires, passant à 42 heures par semaine sans compensation salariale, le Conseil d’Etat montre une fois de plus son manque de vision et précise sa volonté de précariser le marché du travail.

    Car si les fonctionnaires se voient encore souvent octroyer de meilleures conditions que leurs homologues du privé, c’est bien dans une perspective de tirer le marché du travail vers le haut. On constate d’ailleurs qu’à Genève, on travaille en moyenne 40,9 heures dans le privé. Dès lors, détériorer le secteur public ne renforcera pas les droits des salariés du privé mais, bien au contraire, réduira encore plus leurs perspectives d’amélioration.

    Cette mesure qui vise à augmenter le temps de travail est surtout contraire à une vision sociétale qui a pour objectif une meilleure répartition du temps de travail et une revalorisation du temps libre, qui a des retombées positives sur la collectivité, puisqu’il est partiellement consacré à une participation de proximité. Elle va à l’encontre d’une vision de société basée sur la qualité de vie, le bien-être des salariés et la défense des services de qualité. Au lieu de charger encore la barque, l'augmentation de l'absentéisme devrait au contraire être une sonnette d'alarme sur la souffrance au travail. Ainsi, au lieu de proposer la semaine à 42 heures, le Conseil d’Etat devrait miser sur une réduction du temps de travail qui aurait des conséquences positives sur l'emploi tout en participant à l'effort budgétaire grâce à une meilleure productivité.

    Au-delà de cette mesure, l’objectif du Conseil d’Etat de réduire de 5% les charges de personnel d’ici à 2018 impliquera une dégradation du service public, puisque la population qui en bénéficie ne cesse d’augmenter.

    Nous sommes en droit d’attendre autre chose de notre Conseil d’Etat qu’un nouveau budget sans vision claire, sans audace et ancré dans une logique totalement dépassée, autre chose qu’une liste à la Prévert de mesures incohérentes et contre-productives.

    Nous sommes en droit d’attendre de notre gouvernement qu’il entame enfin la nécessaire reconversion économique, écologique et sociale dont notre canton a tant besoin.

  • Mobilité: Au Conseil d’Etat de tenir parole et d’agir !

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    Il y a encore deux mois, personne n’aurait pu imaginer un tel résultat pour un sondage traitant de la mobilité. La campagne pour la traversée de la rade battait son plein et pas un jour ne passait sans une attaque ciblée contre la mobilité douce et les TPG responsables selon leurs détracteurs de tous les maux.

    Mais le peuple genevois a ceci de bien qu’il sait remettre à leur place ceux qui s’octroient un peu trop de libertés en son nom.

    C’est ce qui est arrivé, depuis cet été, au lobby pro-voitures qui pensait jusque-là être légitimé pour définir unilatéralement les priorités pour Genève.

    Ainsi, après avoir renvoyé à leurs études les défenseurs de la traversée de la rade, les genevois ont délivré à notre Conseil d’Etat une vision claire et sans équivoque de leurs priorités en matière de mobilité à Genève.

    Les sondés demandent en premier lieu que l’amélioration des transports publics soit une priorité sur tout le territoire du canton et non pas uniquement dans l’hypercentre. Ils sont 57% à le demander en périphérie, rejoignant en cela l’initiative des Verts déposée en 2013 et sur laquelle les citoyens devraient être prochainement appelés à se prononcer.

    Dans l’hypercentre et le centre, pour respectivement 90 % et 80 % des sondés, les Transports publics et la mobilité douce doivent se partager la priorité. Ce résultat traduit une demande d’actions concrètes visant à sortir le trafic de transit et pendulaire du centre et tout particulièrement des quartiers d’habitation. C’est aussi l’expression du ras-le-bol des habitants face au manque d’engagement du gouvernement cantonal dès lors que l’on parle d’aménagements pour piétons et cyclistes.   

    En résumé, les sondés demandent que soit instaurée à Genève une politique courageuse et visionnaire de la mobilité, seule capable d’offrir à nos habitants la qualité de vie qu’ils méritent.

    Le Conseiller d’Etat en charge du département des transports s’est engagé à de nombreuses reprises à respecter les résultats de ce sondage et à s’en inspirer largement pour définir sa politique. J’espère vraiment qu’il saura tenir parole et appliquer courageusement, sur tout le territoire cantonal, les orientations claires et sans équivoque données par les genevois !

  • La Suisse pourrait reprendre la main

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    Il y a 10 jours, je commentais les récentes attaques de la France et des Etats Unis sur la place financière Suisse. Entre-temps, l’Allemagne est revenue sur le devant de la scène avec l’achat par des Länder de données sur les clients de banques en Suisse et l’échec programmé de l’accord dit « rubik » devant le Bundesrat.

    L’intérêt de cette semaine ce ne fut pas vraiment ces attaques qui deviennent répétitives mais bien les arguments des milieux financiers, médiatiques et politques Suisses.


    D’une façon générale, les analystes s’offusquent de ces attaques et souvent parlent d’une nécessaire « résistance ». Il ne faudrait surtout pas plier devant ces charges sournoises venant de l’étranger !!

    Car il ne s’agirait ici que d’une attaque contre la place financière Suisse sans aucun fondement. Et puis, même si la Suisse n’est pas parfaite, il y aurait bien pire ailleurs (Delawaere, Luxembourg et même Londres).

    Entre-temps, les banques elles-mêmes clament urbi et orbi que le système suisse ne favorise pas l’évasion fiscale. Mieux encore, elles précisent être engagées dans le combat contre l’évasion fiscale.

    Mais alors, si tout les suisses sont unis contre l’évasion fiscale, pourquoi s’accrocher au secret bancaire? Y aurait-il une autre raison qui m’échappe à posséder un compte à numéro et à refuser l’idée même de transmission automatique de données aux instances fiscales des pays concernés?

    Si une chose est sûre, c’est que la position du Conseil fédéral qui consiste à plier petit à petit en pleurnichant n’est pas très efficace. Non seulement elle nous mène tout droit à la « rédition » mais elle ne nous permettra même pas d’aborder la vraie question: comment instaurer une certaine justice fiscale ?

    Ironiquement, cette situation très périlleuse pourrait s’avérer être une chance unique pour la Suisse de reprendre la main sur ce dossier.

    Forte des arguments clés des opposants à la « rédition », soit qu’elle lutte déjà contre l’évasion et que d’autres font pire, elle pourrait proposer l’organisation d’une grande négociation internationale sur le secret bancaire, l’évasion fiscale et les paradis fiscaux.

    A cette occasion, elle pourrait annoncer qu’elle est prête à terme à renoncer au secret bancaire et à collaborer entièrement avec les justices respectives des états en question mais à la seule condition que ces règles soient appliquées internationalement et que soit abordé la question des abus en matière de fiscalité offerts par les dits « paradis fiscaux ».

    Ainsi la Suisse non seulement gagnerait en crédibilité lorsqu’elle clame son innocence en matière d’évasion fiscale, mais elle obligerait du même coup les autres à nettoyer devant leur porte.

    Sans oublier qu’elle s’offrirait ainsi un rôle clé et précurseur avec l’ouverture d’un chantier qui, sans conteste, sera celui du XXIème siècle dans une perspective de réhabilitation des Etats démocratiques.

  • Fiscalité : une remise en question inéluctable

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    Nous venons de vivre ces jours deux nouveaux épisodes sur le front de la fiscalité.

     

    D’un coté la France qui veut dénoncer l’accord sur les successions. Celui-ci, qui s’apprête à souffler ses 60 bougies, prévoit que les héritiers sont imposés au lieu de domicile du défunt et non dans leur pays de résidence.

     

    Sortant de leur torpeur estivale, les porte-parole des milieux financiers crient au scandale. Un texte international, même vieux de bientôt 60 ans, ne devrait pas être remis en question, surtout si celui-ci favorise l’évasion fiscale.

    Car il ne faut pas être dupe, si la révision de ce texte est contesté par les avocats des exilés fiscaux, c’est bien parce que cela rendrait l’exil bien moins avantageux. Quitter son pays pour soustraire ses héritiers au payement de leurs impôts semble à ce point répandu que certains n’hésitent pas à parler de « désastre économique pour Genève » si le lieu d’imposition venait à changer.

     

    Et de l’autre côté, les attaques contre le secret bancaire qui continuent. Certaines en provenance des pays du Sud sont quasi-indolores mais lorsqu’elles viennent des Etats-Unis, ça fait mal. Surtout qu’ils n’hésitent pas à s’en prendre aux gestionaires de fortune et leurs familles.

    Mais même si ça peut parraitre choquant au premier abord, il est important de remettre cette pratique dans son contexte.

     

    Les activités de gestion de fortune incluent dans la plupart des cas un volet « évasion fiscale ». Sous couvert d’optimisation du capital, il est souvent proposé aux clients des placements plus ou moins légaux réduisant autant que faire se peut leurs contributions à leur pays.

    Les gestionnaires le savent bien, eux qui, normalement, voyagent sans aucun document sur leurs clients. Ils doivent souvent faire preuve de grande ingéniosité afin de rencontrer leurs clients avec toutes les informations nécessaires sans courir le risque de transporter de documents compromettants.

     

    Si le gestionnaire de fortune n’est bien entendu pas responsable du choix d’un client de se soustraire au fisc, il devient au minimum complice lorsqu’il permet, voire incite, l’évasion.

     

    Outre la question de savoir qui des employés, des institutions bancaires ou de l’Etat sont responsables, ces deux événements montrent une chose: l’étau se resserre indubitablement sur certaines pratiques financières. Et en priorité sur celles qui, d’une manière ou d’une autre, dépouillent les Etats de leurs ressources et donc la démocratie de ses moyens.

     

    Les gouvernements n’ont plus le choix. Il s’agit de leur survie. Et ne survivront que ceux d’entre eux qui arriveront à s’affranchir des lobbys des milieux financiers. N’en déplaise à certains avocats fiscalistes genevois.

  • Les rues piétonnes, une bonne façon de lutter contre la sédentarité

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    blog_juillet2012b_photo2.jpgLa sédentarité serait responsable d’au moins un décès sur dix. Les maladies pulmonaires sont en pleine augmentation tout comme les affections liées au bruit. Enfin, on dénombre quotidiennement des accidents aux conséquences dramatiques sur les routes de notre pays.

    Et pendant ce temps, les coûts de la santé ne cessent de croitre rendant le payement des primes de plus en plus aléatoire pour de nombreuses familles.

    Malgré la gravité de cette situation, il n’est toujours pas question, dans le débat genevois, de prendre des mesures fortes. Donner une vraie priorité aux transports publics en fermant certains tronçons aux voitures, rendre les quais et les centres historiques aux piétons, limiter l’entrée des véhicules motorisés pendulaires dans le cœur de la cité ou, comme cela existait il y encore une trentaine d’année, réintroduire des « journées sans voitures »

    Non, il ne s’agit pas aujourd’hui de prendre de telles mesures mais simplement de fermer quelques rues afin de permettre à celles et ceux qui le souhaitent de déambuler tranquillement et à inciter les autres à redécouvrir la vie hors de leur véhicule.

    Et bien, en dépit de l’urgence de promouvoir fermement des modes doux de transport et malgré la modestie de ces projets de piétonnisation, certains citoyens et institutions soutenus allègrement par les partis politiques de droite (à l’exception notable du PDC en ville de Genève), continuent à s’y opposer par tous les moyens.

    Si à Carouge la réalisation de deux petites rues piétonnes dans le centre historique est suspendue à un recours des opposants, en Ville de Genève c’est la population qui aura le dernier mot le 23 septembre suite au référendum lancé par la droite contre la piétonisation de 50 rues.

    Devant l’urgence de la situation, il faut faire des choix. Croire et faire croire que l’on peut continuer à privilégier la voiture tout en préservant la santé et la qualité de vie des habitants est un leurre.

    C’est pourquoi je ne peux qu’appeler les habitants de la Ville de Genève à se rendre aux urnes pour soutenir massivement la création de ces 50 rues piétonnes.