politique

  • La démesure comme fonds de commerce

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    médias, buzz, politique, partis

    « L’important, c’est d’être cité dans les médias, que l’on parle de nous. » m’a récemment dit un élu carougeois avec enthousiasme.

     

    Travailler en commission sur les dossiers ? Ringard. Amener des propositions constructives ? Trop fastidieux. Penser à l’intérêt public ? Inutile.

     

    Car pour avoir son nom, voire sa photo, dans le journal, rien de mieux que l’excès. Et il ne faut pas hésiter à en rajouter. Les médias adorent.

    Et toujours se souvenir que ce n’est pas avec une proposition pragmatique, intelligente et réfléchie qu’on fait le buzz.

     

    C’est ainsi que nos politiciens carougeois, rêvant d’être au Conseil administratif à la place du Conseil administratif, n’hésitent désormais plus à s’inspirer d’un célèbre magistrat genevois passé maître dans l'art du coup médiatique. Lui, il ne construit pas un immeuble, il crée la plus grande tour de Suisse. Il n’organise pas un festival de musique, il accueille les Rolling Stones. Et tant pis si rien ne verra jamais le jour, l'annonce aura eu son effet et c'est ce qui compte.

     

    A Carouge, on réclame à grands cris la démission du Conseil administratif, on évoque une conspiration parce qu’un élu est retenu au Grand Conseil, on annonce une faillite de la commune en demandant une mise sous tutelle des autorités, on n’hésite pas à comparer le journal communal à la Pravda pour deux commentaires déplacés lus dans le dernier numéro. Et tant pis si cette évocation heurte la sensibilité des proches des millions de victimes de la dictature soviétique.

     

    La palme de l’excès doit toutefois être attribuée à la gazette du PLR « le Carougeois » qui, pour exprimer sa réprobation sur le travail des gardes frontières, n’a pas hésité à faire le parallèle avec les méthodes utilisées par les SS.

     

    Tout en finesse, respect et modération…

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  • Malgré les beaux discours…

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    Ecologie, environnement, politique, suisse

    Une récente étude menée par l’alliance environnement (ATE, WWF, Greenpeace et Pro Natura), révélée dans le journal de l’ATE de ce mois, pemet de clarifier le degré d’engagement écologique des principaux partis politiques suisses.

     

    Cet écorating basé sur les votes aux chambres fédérales confirme sans surprise que les Verts (97%) et les Verts libéraux (93%) votent massivement en faveur d’un environnement préservé et de qualité.

     

    Du côté de la gauche, les socialistes démontrent leurs engagements pris au sein de l’alternative avec un 97%, les plaçant à égalité avec les Verts en tête du palmares.

     

    Le problème pour l’environnement est que la droite majoritaire n’a toujours pas pris conscience de l’impératif écologique.

     

    Les 49% pour le PBD, 45% pour le PDC, 26% pour le PRD et même 9% pour l’UDC (sic) prouvent qu’en dépit des beaux sourires, l’écologie reste pour certains un concept encore très creux.

     

     

     

     

     

  • Une collaboration plus efficace entre canton et communes

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    L’Etat de Genève entre dans une période de turbulence en matière de recettes fiscales. Si la majorité du Grand Conseil persiste dans sa volonté de ne pas relever les impôts, il n’y aura d’autre solution que de réduire les prestations.

    Ce sujet étant hautement politique et les députés n’ayant jamais été très enclins à effectuer des choix clairs (et de les assumer auprès de la population), la tentation sera forte une fois de plus pour l’Etat de chercher à « transférer » des charges aux communes.

    A elles, ensuite, de porter la responsabilité d’augmener les impôts ou de baisser leurs propres prestations pour y faire face.

    Outre que cette manière de collaborer est irespectueuse et pas très courageuse, elle est également complètement innefficace.

    Car cette dynamique de « sous-traitance des coûts » ne fait que transférer les charges et non les réduires. Dès lors, pour le citoyen lambda, pour qui la gueguerre entre le canton et la ville est à des années lumières de ses préocupations quotidiennes, il s’agit d’un jeu à somme nulle.

    L’intérêt collectif voudrait au contraire que l’Etat et les communes s’engagent dans une vraie collaboration. Une collaboration où chacun assume des charges mais également des responsabilités.

    J’aimerais suggérer à l’Etat, s’il entend véritablement réduire ses dépenses, qu’il commence par transférer aux communes des responsabilités claires en matière de proximité, et particulièrement dans les domaines liés à la sécurité, la mobilité, ou encore, dans une certaine mesure, l’aménagement.

    A l’Etat de poser le cadre et de développer les règlements d’application. Aux communes de réaliser, à l’intérieur de ce cadre, ce qui relève de la proximité.

    Plus besoin dès lors d’innombrables études et autres bilans avant de pouvoir ajouter un passage piétons ou une place livraison sur une route communale. Poser un abribus, un miroir à la sortie d’un parking ou dessiner un sigle devant une école pour que les automobilistes ralentissent sont des actes qui ne devraient pas nécessiter l’implication directe de l’Etat.

    Qu’ils relèvent d’une réglementation stricte assortie de contrôles réguliers certe, mais que chacun de ces actes soit soumis à une autorisation très coûteuse de l’Etat est contreproductive.

    Car non seulement cela consomme une bonne partie des ressources de l’administration cantonale qui n’arrive plus à assumer ses vraies tâches, soit les projets d’intérêt cantonal, mais cela décrédibilise les autorités locales qui peinent à expliquer à leur population qu’il faut de long mois (dans le meilleur des cas !!) pour poser un petit abri vélos ou créer une place de parking « handicapés ».

    Si l’Etat entend durablement réduire ses coûts en tablant sur une meilleure gestion, qu’il commence par accepter qu’il ne peut plus être omnipotent. Qu’il accepte enfin de partager la gestion de la cité avec les communes pour le bien de tous.

  • La droite « modérée » perdrait-elle son calme ?

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    Les propos et slogans de l'Entente donnent de plus en plus dans la caricature et l'exagération. Plus rien avoir avec la posture rationnelle dont ils continuent à se prétendre les seuls héritiers. Il devient en effet très difficile de différencier leur stratégie de communication de celles du MCG et de l'UDC.

    Prenez par exemple l'affaire des «cycloterroristes ». On est en principe tous d'accord pour condamner les cyclistes mettant en danger les piétons. Mais de là à les considérer comme l'égal de Ben Laden, il y a un fossé qu'un magistrat réfléchi et rationnel ne devrait pas franchir.

    Autre exemple qui concerne l'entente : la votation pour une fiscalité plus juste. Ils annoncent à grands cris que si l'initiative venait à être acceptée, nous vivrions un « enfer fiscal ». Ici, de deux choses l'une, soit c'est une stratégie de campagne et cela confirme que la démagogie n'a plus de secret pour eux, soit ils pensent vraiment qu'en cas de victoire, nous vivrions un enfer fiscal en Suisse. Et alors là, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée émue en imaginant leur souffrance au quotidien à Genève. Genève où la fiscalité des plus riches est aujourd'hui déjà sensiblement supérieure à ce seuil.

    Ressaisissez-vous Mesdames et Messieurs de l'Entente, la démagogie vous va si mal !!

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  • Amnistie fiscale, de qui se moque-t-on?

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    Après avoir voté, année après année, des lois fiscales favorisant les hauts revenus et même souvent encourageant la fraude (secret bancaire, lutte contre l'harmonisation fiscale, ...), la droite genevoise au grand complet a décidé de frapper à nouveau un grand coup : offrir une amnistie fiscale aux fraudeurs de tout poil.

    Désormais, non seulement les fraudeurs du fisc ne seront pas poursuivis, mais ils recevront un bonus considérable pour leur fraude, soit 70% des sommes dues. Comme encouragement au crime, je n'aurais pas pu trouver mieux. C'est un peu comme si on offrait à un cambrioleur qui se dénoncerait non seulement l'immunité mais également la possibilité de conserver 70% de son butin !! Et tant pis pour les honnêtes citoyens (y compris certains très riches) qui, chaque année, payent consciencieusement leurs impôts.

    La droite n'a décidément plus aucune décence. Par son vote, elle offre une prime à la malhonnêteté, et cela sous le couvert de valeurs familiales (PDC) ou citoyennes (MCG), c'est une honte.

    Mais comment pourra-t-on encore enseigner le civisme aux jeunes générations ?

     

     

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